Ma semaine en chansons, 5 avril 2008

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 Francis Cabrel, 2008 – Des roses et des orties

Dès les premiers accords, on change de monde. La voix particulière de Francis Cabrel se mélange comme une caresse aux premiers sons de sa guitare.

A la vitesse où le temps passe, le miracle est que rien n’efface l’essentiel comme il le chante dès La robe et l’échelle.

Qu’ils se taisent les cracheurs anti-Cabrel. Il vient d’une lignée d’artisans des sons et des mots qui se raréfient, dans une époque des plus superficielles où ses chansons pleines de tendresse et de poésie ne cessent de parfumer les heures passées a l’écouter.  Même si parfois un zeste ‘politique’ là où on ne l’atend pas.

Cet album est à écouter et à réécouter à l’infini. On s’y promène les auditives éblouies et rassasiées par sa beauté printanière. Francis Cabrel est l’égal des meilleurs baladins anglo-saxons.

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Alain Bashung, 2008 – Bleu pétrole

Le voilà. Le sublime auteur de Vertige de l’amour, Gaby oh Gaby, C’est comment qu’on freine, Osez Joséphine, La nuit je mens, nous revient six ans après l’Imprudence.

Faut que je vous dise qu’il me rend heureux ce garçon. Cet album, d’une grande générosité nous plonge dans ses racines folks. Bashung y interprète avec douceur «Suzanne» de Leonard Cohen (on doit l’adaptation française à Graeme Allright, souvenez-vous).

Pour cette nouvelle aventure, il s’est entouré de Gaétan Roussel (le chanteur de Louise Attaque) et de Monsieur Gérard Manset, dont Alain reprend d’une manière touchante « Il voyage en solitaire ». A noter encore que l’auteur « des choses en face », Joseph d’Anvers (qui n’est pas belge d’ailleurs) lui a écrit « tant de nuits » et l’auteur de « Les tortures volontaires », Arman Méliès, lui a écrit deux musiques.

Et pour sublimer le tout, un Alain Bashung, la voix plus émouvante qu’elle ne l’a jamais été, nous touche jusqu’à l’émotion profonde. Un album indispensable. myspace.

 

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Cowboys Junkies, 2007 – At the end of paths taken

Les frères Timmins de Toronto (Canada) – au cas où une pulpeuse blonde Américaine passerait par là – annoncent la couleur dès le premier titre “Brand New World”, à écouter absolument. Les cordes sont majestueuses.

Une des qualités de cet album est la diversité des 13 morceaux. Apparemment entre « My little Basquiat » et Someday Soon », on bascule dans deux mondes musicaux.

Pour moi, le titre qui demeurera mon préféré est la douce ballade «My Only Guarantee », dans la merveilleuse voix de Margo Timmins et où une chorale d’enfants vient divinement éclairer quelques notes de piano. Trois minutes vingt-neuf de bonheur. Que voulez-vous? … J’ai un cœur comme tout le monde. (l’écoute c’est ici.)

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The Teenagers, 2008 – Reality-Check

Mon Dieu… Je n’ai jamais écouté autant de faux clichés en guise de clins d’œil. Borgnes, c’est certain.

Quarante minutes de la plus pure médiocrité, issue d’un certain courant dont la nouvelle génération française semble si friande. Quand un trio composé de purs «frenchies», même si c’est très «en vogue», se la pète à chanter en anglais, cela ne fait qu’accentuer leur médiocrité. Ah, si je n’étais si poli, je dirais que c’est de la merde. À jeter dans le caniveau.

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Zaho, 2008 – Dima

Voilà une nouvelle « arrenbiteuse ». La France devient prolixe, on dirait que ça pousse toutes les semaines.

D’origine algérienne, Zaho possède une vraie voix soul et maîtrise un phrasé qui oscille entre rap et chanson. Son style est sobre et efficace. En plus, elle a une bonne dose d’humour. C’est chelou et F.T.T. (Femme tout terrain) m’ont beaucoup plu.

Puis j’apprécie énormément qu’elle clôture l’album par une version en arabe de Dima. J’aime les gens qui assument leur racines jusqu’au bout de leur langue. Et puis, entre nous, je trouve cette version même plus jolie. Pour l’ecouter c’est par .

Bonne route Zaho.

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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3 réponses à Ma semaine en chansons, 5 avril 2008

  1. saab dit :

    Grâce à toi j’ai découvert Cowboy Junkies et je viens même de me procurer quelques uns de leurs albums !

    Le premier (officiel) est The Trinity Session (1988) c’est un pur chef-d’oeuvre et je n’exagère pas car ils sont les précurseurs (avant Tarnation et Paula Frazer apparus peu après) du country alternatif (sans les paillettes et le côté scabreux de Nashville à cette époque). D’ailleurs presque 20 ans plus tard ils viennent de sortir The Trinity Session Revisited qui le revisite à merveille !

  2. saab dit :

    Merci pour la découverte de Cowboy Junkies, je ne connaissais que vaguement car ils avaient collaboré avec Over The Rhine un groupe fabuleux dont j’avais fait la review d’un de leurs (nombreux) derniers albums :http://withmusicinmymind.blogspot.com/2008/02/over-rhine-trumpet-child-review.html

    Et donc c’est vraiment une découverte qui mérite une oreille attentive !

  3. Denise dit :

    En effet, le dernier album de Cabrel est magnifique tout comme celui de Bashung. Cowboys Junkies me plaît aussi ainsi que Zaho.

    J’ai passé un très bon moment en musique.

    Merci Armando pour ton partage et tes choix.

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