Francis Cabrel, 2008 – Des roses et des orties
Dès les premiers accords, on change de monde. La voix particulière de Francis Cabrel se mélange comme une caresse aux premiers sons de sa guitare.
A la vitesse où le temps passe, le miracle est que rien n’efface l’essentiel comme il le chante dès La robe et l’échelle.
Qu’ils se taisent les cracheurs anti-Cabrel. Il vient d’une lignée d’artisans des sons et des mots qui se raréfient, dans une époque des plus superficielles où ses chansons pleines de tendresse et de poésie ne cessent de parfumer les heures passées a l’écouter. Même si parfois un zeste ‘politique’ là où on ne l’atend pas.
Cet album est à écouter et à réécouter à l’infini. On s’y promène les auditives éblouies et rassasiées par sa beauté printanière. Francis Cabrel est l’égal des meilleurs baladins anglo-saxons.

Alain Bashung, 2008 – Bleu pétrole
Le voilà. Le sublime auteur de Vertige de l’amour, Gaby oh Gaby, C’est comment qu’on freine, Osez Joséphine, La nuit je mens, nous revient six ans après l’Imprudence.
Faut que je vous dise qu’il me rend heureux ce garçon. Cet album, d’une grande générosité nous plonge dans ses racines folks. Bashung y interprète avec douceur «Suzanne» de Leonard Cohen (on doit l’adaptation française à Graeme Allright, souvenez-vous).
Pour cette nouvelle aventure, il s’est entouré de Gaétan Roussel (le chanteur de Louise Attaque) et de Monsieur Gérard Manset, dont Alain reprend d’une manière touchante « Il voyage en solitaire ». A noter encore que l’auteur « des choses en face », Joseph d’Anvers (qui n’est pas belge d’ailleurs) lui a écrit « tant de nuits » et l’auteur de « Les tortures volontaires », Arman Méliès, lui a écrit deux musiques.
Et pour sublimer le tout, un Alain Bashung, la voix plus émouvante qu’elle ne l’a jamais été, nous touche jusqu’à l’émotion profonde. Un album indispensable. myspace.

Cowboys Junkies, 2007 – At the end of paths taken
Les frères Timmins de Toronto (Canada) – au cas où une pulpeuse blonde Américaine passerait par là – annoncent la couleur dès le premier titre “Brand New World”, à écouter absolument. Les cordes sont majestueuses.
Une des qualités de cet album est la diversité des 13 morceaux. Apparemment entre « My little Basquiat » et Someday Soon », on bascule dans deux mondes musicaux.
Pour moi, le titre qui demeurera mon préféré est la douce ballade «My Only Guarantee », dans la merveilleuse voix de Margo Timmins et où une chorale d’enfants vient divinement éclairer quelques notes de piano. Trois minutes vingt-neuf de bonheur. Que voulez-vous? … J’ai un cœur comme tout le monde. (l’écoute c’est ici.)

The Teenagers, 2008 – Reality-Check
Mon Dieu… Je n’ai jamais écouté autant de faux clichés en guise de clins d’œil. Borgnes, c’est certain.
Quarante minutes de la plus pure médiocrité, issue d’un certain courant dont la nouvelle génération française semble si friande. Quand un trio composé de purs «frenchies», même si c’est très «en vogue», se la pète à chanter en anglais, cela ne fait qu’accentuer leur médiocrité. Ah, si je n’étais si poli, je dirais que c’est de la merde. À jeter dans le caniveau.

Zaho, 2008 – Dima
Voilà une nouvelle « arrenbiteuse ». La France devient prolixe, on dirait que ça pousse toutes les semaines.
D’origine algérienne, Zaho possède une vraie voix soul et maîtrise un phrasé qui oscille entre rap et chanson. Son style est sobre et efficace. En plus, elle a une bonne dose d’humour. C’est chelou et F.T.T. (Femme tout terrain) m’ont beaucoup plu.
Puis j’apprécie énormément qu’elle clôture l’album par une version en arabe de Dima. J’aime les gens qui assument leur racines jusqu’au bout de leur langue. Et puis, entre nous, je trouve cette version même plus jolie. Pour l’ecouter c’est par là.
Bonne route Zaho.

Grâce à toi j’ai découvert Cowboy Junkies et je viens même de me procurer quelques uns de leurs albums !
Le premier (officiel) est The Trinity Session (1988) c’est un pur chef-d’oeuvre et je n’exagère pas car ils sont les précurseurs (avant Tarnation et Paula Frazer apparus peu après) du country alternatif (sans les paillettes et le côté scabreux de Nashville à cette époque). D’ailleurs presque 20 ans plus tard ils viennent de sortir The Trinity Session Revisited qui le revisite à merveille !
Merci pour la découverte de Cowboy Junkies, je ne connaissais que vaguement car ils avaient collaboré avec Over The Rhine un groupe fabuleux dont j’avais fait la review d’un de leurs (nombreux) derniers albums :http://withmusicinmymind.blogspot.com/2008/02/over-rhine-trumpet-child-review.html
Et donc c’est vraiment une découverte qui mérite une oreille attentive !
En effet, le dernier album de Cabrel est magnifique tout comme celui de Bashung. Cowboys Junkies me plaît aussi ainsi que Zaho.
J’ai passé un très bon moment en musique.
Merci Armando pour ton partage et tes choix.