Archive pour la catégorie ‘MUSIQUE DE LA SEMAINE’

Lisbon, The Hot Showers

Samedi 4 septembre 2010

prefiro ler em português

[The Hot Showers myspace]

C’est de la rencontre de Shawn van de Peppel, batterie, et Chris Harding, basse, deux amis qui voulaient jouer de la musique qu’est né le groupe The Hot Showers. Assez rapidement, les deux amis font la rencontre de Michael O’Narey, chanteur et guitariste et, ensemble ils ont écrit leurs premières chansons.

Aux trois compères est venu s’ajouter Frank Dupont, voix et guitare ,qui est venu offrir un supplément d’âme au groupe.

Après avoir participé à plusieurs spectacles et écrit ensemble quelque 25 chansons, The Hot Showers s’est lancé dans les premiers enregistrements qui déboucheront sur leur premier album Are you alright?, sorti en 2003.

Résolument inscrit dans une ligne rock, le groupe poursuit les concerts et une évolution vers la maturité et, en 2009, c’est la sortie du single Bunny Hugs, qui sera distribué gratuitement lors de leurs concerts et offert en téléchargement libre sur le net, puis, quelques mois plus tard, ce sera au tour du single Baden Baden.

Après un an et demi de maturation et après avoir assuré la première partie du spectacle du chanteur britannique Frank Turner en janvier dernier,  voilà que leur premier album, Memories of Melodies, vient de voir le jour, sous le label Arnold Media,  et a été présenté, le 3 juillet, au Petit Campus à Montréal, un lieu incontournable pour tous ceux qui aiment le rock.

Le titre Doo Wop est intégré l’album Music 4 Concer, au profit de la Société Canadienne du Cancer.

À leur agenda, un prochain concert au Belmont le 14 septembre et le 16 octobre à l’Absynthe, à Montréal.

Votre serviteur s’est régalé avec ce premier album dont il a retenu, il fallait s’y attendre, un titre qui ravira plus d’un et tout particulièrement, j’en suis certain, les grands-parent de Shawn Van de Peppel, qui habitent dans les environs de la ville de mon enfance.

Je vous laisse avec Lisbon…  attention Mémé, ça dépoussière l’écouteuse!…

As a few more walk off Santa Justa
I simply wait by the stairs
Three days ago I didnt know you
But now I don’t want to take my eyes off you

Feels strange to say
Cause this is my last day
I really don’t want to go away
But I’m too broke to stay

So you’ll be gone soon
And I won’t know what to tell you

Cause it hurts like hell to go but I don’t think this is the end
Yes it hurts like hell to go but I don’t think this is the end
If truth be told I do believe I’ll see you again
And I’d come back if only to see you again

So now I’ll meet you by the subway
Another Sagres and I’m well
As I walk these streets one last time
I think about what I’ll leave behind

Feels strange to say
Cause this is my last day
I really don’t want to go away
But I’m too broke to stay

I barely know you
But I already miss you

Cause it hurts like hell to go but I don’t think this is the end
Yes it hurts like hell to go but I don’t think this is the end
If truth be told I do believe I’ll see you again
And I’d come back if only to see you again

Je n’ai pas pu m’empêcher de penser au portal du fado ni a Lisboa dans le Guiness, le blog du petit-fils d’Alfredo Marceneiro, qui voudrait répertorier toutes les chansons qui parlent de Lisbonne et je vous avoue que l’idée de voir le fado et le rock assis au bord du Tage me remplit de joie.

Peut-être qu’un jour dans le Portugal des multiples concerts et festivals d’été aussi réputés que celui de Paredes de Coura, de Zambujeira do mar ou encore Super Bock Super Rock, on pourra profiter d’une bonne  douche bien chaude offerte par les quatre de Montréal…

… en attendant faites circuler…  voilà, ne soyez pas égoïstes.  Faites circuler, je vous dis!…

Lisbon, The Hot Showers

Samedi 4 septembre 2010

je veux lire en français

[The Hot Showers myspace]

O grupo musical The Hot Showers começou a ganhar forma quand Shawn van Peppel, bateria e Chris Harding, baixo, se juntaram numa vontade comum de tocarem música.  A esta cumplicade musical rapidamente se viria juntar Michaele O’Narey, vocalista e viola, e logo, os três comparsas começaram a escrever e a compor os primeiros temas.

Frank Dupont, voz et viola, viria a completar o grupo que, com a sua presença ganhou uma nova alma.

Após terem participado a vários espectáculos onde ganharam experiência e contacto com o público e terem  composto cerca de 25 músicas, os The Hot Showers resolveram lançar-se  nas primeiras gravações que deram origem, en 2003, a Are you Alright?.

Volontariamente inseridos  numa corrente rock, o grupo continuou a apresentar-se em público na procura de obterem experiência e maturidade e, en 2009, saiu o single Bunny Hurts, que foi distribuido gratuitament durante os concertos e em free download na internete.  Logo a seguir, gravaram o single Baden Baden.

Em Janeiro deste ano,  a banda viu reconhecidos os seus méritos e assegurou a primeira parte du concerto do britânico Frank Turner, e, no passado dia 3 de Julho, apresentaram no  Petit Campus (Montréal), un lugar reconhecido pelos amantes do rock, o primeio album de originais  Memories of Melodies, produzido pelo label Arnold Media.

Um dos temas de  Memories of Melodies, Doo Wop, faz igualment parte do album Music 4 Cancer, e os benefícios vão direitinhos para a Sociedade Canadiana da luta contra o cancro (Société Canadienne du Cancer).

Num início de carreira repleto de promessas, o groupo tem  agendados dois concertos em Montréal, para os próximos 14 de Setembro, no Belmont  e 16 de Outubro no l’Absynthe.

Tendo tido o privilégio de ouvir o album em primeira mão, não resisti a vous apresentar o grupo e propor uma música que espero vos agrade a todos quantos a descubram e, em particular, aos avós do  Shawn Van de Peppel, que moram em algures nas redondezas da cidade da minha infâcia.

Fica então, para escuta, o tema Lisbon… cuidado Judith, que a coisa vai fazer estremecer o Leonel!…

As a few more walk off Santa Justa
I simply wait by the stairs
Three days ago I didnt know you
But now I don’t want to take my eyes off you

Feels strange to say
Cause this is my last day
I really don’t want to go away
But I’m too broke to stay

So you’ll be gone soon
And I won’t know what to tell you

Cause it hurts like hell to go but I don’t think this is the end
Yes it hurts like hell to go but I don’t think this is the end
If truth be told I do believe I’ll see you again
And I’d come back if only to see you again

So now I’ll meet you by the subway
Another Sagres and I’m well
As I walk these streets one last time
I think about what I’ll leave behind

Feels strange to say
Cause this is my last day
I really don’t want to go away
But I’m too broke to stay

I barely know you
But I already miss you

Cause it hurts like hell to go but I don’t think this is the end
Yes it hurts like hell to go but I don’t think this is the end
If truth be told I do believe I’ll see you again
And I’d come back if only to see you again

 

Claro que não pude deixar de pensar ao portal du fado nem ao blogue do neto do Alfredo Marceneiro, Lisboa dans le guiness, que pretende repertoriar fados e outras músicas que falem de Lisboa e, confesso, que imaginar o fado de mãos dadas com o rock, sentadinhos num banco a namoriscar nas margens do Tejo dá-me un certo gozo.

Tinha graça que um dia, no meu Portugal dos multiplos concertos e festivais de verão, tão reputados internacionalmente como o Festival de Paredes de Coura, ou o da Zambujeira do mar ou ainda o Super Bock Super Rock, possamos aproveitar de um douche bem quentinho dos quatre rapazes de Montréal…

.. Entretanto divulgem!… Não sejam egoistas rapaziada, divulgem pá!…

 

 

Avez-vous vu Suzanne?…

Samedi 28 août 2010

[Photo : Sentados sobre el filo]

Qu’est-elle devenue, Suzanne?…

Aux dernières nouvelles, on l’aurait vue flâner du côté de Venice Beach, Californie, au sein d’une communauté hippie où elle vivrait dans une fourgonnette, entourée de chats, comme l’ombre de la jeune danseuse de danse classique pour qui, un jour, Leonard Cohen a écrit Suzanne Takes you Down dans le recueil de poèmes Parasites of Heaven, publié en 1966.

Le texte est devenu, la même année,  une chanson dans la voix de Judy Collins, dans l’album In my life.  Un album où il y avait également Dress Reharsal Rag du même Leonard Cohen parmi d’autres titres de nom prestigieux comme Bob Dylan, Randy Newman, Donovan, Jacques Brel et bien évidemment Paul MacCartney, dont la chanson In my life avait donné à l’album son nom.

Leonard Cohen, quant à lui, l’inclura en ouverture de son premier album,  Songs of Leonard Cohen, paru en 1967. Le titre deviendra d’ailleurs pour beaucoup et pendant longtemps, la seule chanson qu’on peut citer de Leonard Cohen.

On prétend que la rencontre entre le poète et la danseuse, épouse du sculpteur Armand Vaillancourt, aurait eu lieu dans  la chapelle de Notre-Dame de Bon Secours, dans le Vieux-Montréal, située au pied du Saint Laurent.

C’est de leurs rencontres successives et de l’imagination de ce séducteur qu’est Leonard Cohen que le texte a connu sa source, sans aucune aventure charnelle, toutefois, même si la chanson pourrait le laisser entendre.  Eh oui, Leonard et Suzanne ne feront pas autre chose que se promener sur les rives du Saint Laurent, déguster des oranges, boire du thé… sans que le poète arrive jamais a toucher le corps parfait de Suzanne Verdal. 
D’ailleurs, a cette époque, Leonard vivait avec Marianne Jensen, qu’il avait rencontré dans l’ile grecque d’Hyron et leurs rencontres se sont partagés entre la Grèce et le Canada.  C’est elle, la fille blonde habillé d’une serviette assisse à la machine à écrire, qu’on retrouve dans la pochette arrière de Songs from a Room.  Une photo qui a “allumé” pas mal de mélomanes.

Quant à Suzanne, de son vrai nom, Suzanne Verdal McAllister, suite à un accident de circulation, elle a été contrainte à l’inactivité et a fini par sombrer dans la dépression et dans un dénuement profond. On prétend qu’elle garde de leur rencontre un souvenir doux amer.

Je vous propose l’écoute de cette chanson dans les voix de Judy Collins

et bien évidemment de Leonard Cohen

La chanson a été interprétée en français par Graeme Allwrigt et par Françoise Hardy.

 

Orphée et Eurydice

Samedi 21 août 2010

Orphée devant Pluton et Proserpine
d’après François Perrier © Musée du Louvre

Oui, je sais, il s’agit d’une histoire que vous avez déjà entendue mille fois, et je comprends qu’elle commence un peu à vous casser les pieds, mais laissez-moi vous la raconter une fois encore, à ma manière.

La chose se passe il y a longtemps. Vraiment très longtemps. Plus que ça, les enfants… Quand je vous dis très, c’est vraiment très… Pour vous faire une idée, je vous dirai que le monde était encore à l’ère des mythologies…

Orphée était le fils d’Oeagre, le roi de Thrace et de la muse Calliope. Un jour, Apollon lui a offert, nous ne savons toujours pas en quel honneur, une lyre à 7 cordes.  Serait-ce la fameuse lyre de Hermès, son inventeur?…  Hermès était, comme tout le monde le sait, un cousin très très éloigné du couturier.
En ce temps-là, le commérage n’existait pas encore et les muses s’ennuyaient puisqu’elles n’avaient pas grand-chose à faire, alors elles se sont précipitées sur le beau jeune homme pour lui apprendre comment jouer de son bel instrument.

Faut dire qu’Orphée apprenait très vite et qu’il était du genre beau gosse, de ceux qu’on voit dans les films en noir et blanc et que disent des machins du genre: T’as de beaux yeux, tu sais ou alors de ceux qui boivent du café à la télévision, et murmurent What else?…

En plus, beau parleur et maniant la langue avec dextérité comme peu à cette époque, il était aussi un poète et un musicien hors pair, à un point tel qu’on dit que quand il jouait de sa harpe, les oiseaux s’arrêtaient de voler pour l’entendre jouer.

Ce qui devait arriver un jour arriva. Le gars a louché sur une fille nommée Eurydice, dont personne ne sait d’où elle a surgi, et il a eu le béguin pour elle. Mais en ce temps-là, il fallait se marier avant. On ne badine pas avec la mythologie. Et puis faut faire crédible, n’est-ce pas?

Tout allait bien. Orphée jouait de son machin et Eurydice était follement heureuse… Il n’y avait ni vaisselle, ni linge à laver, ni aspirateur… Juste de la harpe, quelques bisous et hop la boum… pendant que les oiseaux chantaient des symphonies célestes. Le bonheur, quoi.

Eurydice était heureuse, jusqu’au jour où un certain Aristée est venu lui faire des propositions extraconjugales. Or, le cocufiage n’étant pas encore dans les mœurs de l’époque, elle a été contrainte de refouler de toute son énergie les assauts de ce ”chaud lapin” d’Aristée.

À vrai dire, je me demande encore pourquoi Orphée n’est pas allé lui régler le compte à celui-là, mais enfin, ce ne sont pas mes oignons, comme on dit…

Un jour, lorsque la pulpeuse et belle Eurydice prenait la poudre d’escampette devant l’entreprenant Aristée, elle a trébuché sur un méchant serpent qui,  pas content d’être réveillé brusquement, l’a piquée mortellement, même  après qu’elle se soit excusée poliment.

Et voilà qu’il est devenu vachement malheureux notre ami Orphée… Alors, prêt à tout pour récupérer son Eurydice chérie, il entama un long voyage, avec sa harpe, bien entendu,  jusqu’au monde des morts.

Permettez-moi de vous rappeler que s’il avait foutu un coup de boule à ce crétin d’Aristée, comme je l’avais proposé plus haut, rien de tout cela ne serait arrivé… Mais comme personne ne m’écoute jamais…

Voilà que notre ami Orphée arrive aux portes de la mort et que son chant triste et chargé d’émotion a raison de l’insensible Charon qui l’aide à traverser la rivière de la mort, ainsi que du méchant pitbull à trois têtes et de tous les autres monstres qu’il a croisés en chemin.

Lorsqu’il se présente devant Hadès, le roi des morts, celui-ci est pris d’une colère toute sarkozienne de constater qu’un être vivant a réussi à pénétrer dans son domaine. Mais son énorme colère, ce n’était rien que quelques coups de lyre n’ont su calmer.

Charmée par le toucher des cordes du beau gosse, la reine Perséphone a prié son mari de laisser partir Eurydice en compagnie d’Orphée pour le monde des vivants. Là où ils étaient heureux et où les oiseaux arrêtaient leur vol pour écouter le gars jouer de la lyre.

Après s’être fait prier un peu (quant à moi, il a juste voulu profiter un peu plus longtemps de la musique du jeune homme, sans payer les droits d’auteur), le roi a donné son royal accord en posant cependant une cruelle condition.

Orphée ne devait pas regarder en arrière avant qu’ils soient en dehors du monde de la mort, sous peine de perdre Eurydice pour toujours.

Qu’il était content notre ami Orphée…

Alors, il joue de la lyre tout le chemin du retour, sans se soucier de toutes les insultes jalouses ni des qu’en dira-t-on et lorsque sa belle et luisante chevelure de beau garçon a senti les premiers rayons du soleil, il se retourne, impatient, avec son sourire lumineux et… c’est la catastrophe… à deux pas d’une vie heureuse…  il se rend compte qu’Eurydice est toujours dans le tunnel de la mort et qu’elle se transforme aussitôt en fantôme, retournant ainsi au monde des morts.

Quel crétin cet Orphée alors… Mais quel con ce gars…  si au moins il m’avait écouté et il avait cassé la gueule à ce “chaud lapin” d’Aristée, rien de tout cela… cette fin tragique… ce gâchis…. rien ne serait arrivé…  et il ne faut pas dire maintenant que je n’ai pas insisté…. moi je vous le dis, j’ai ma conscience tranquile.

Heureusement qu’en 1762, un musicien allemand nommé Christoph Willibald Gluck décide de leur redonner vie et d’en faire un opéra en trois actes. C’est grâce à ce dernier que j’ai découvert la voix sublime de Maureen Forrester, une mezzo-soprano canadienne, née dans un quartier ouvrier de Montréal en 1930 et qui, dès l’âge de 13 ans, abandonne ses études pour aider sa famille. Quelques années plus tard, après quelques souffrances et beaucoup de travail, elle enchantera des générations avec sa voix magnifique.

Maureen Forrester s’en est allée il y a deux mois et  le bleu, en son hommage, vous propose l’écoute de Che puro ciel!… extrait du deuxième acte d’Orfeu et Eurydice.