
Il faut bien que je vous avoue que je suis fasciné par la Toile.
Ce sentiment étrange que nous avons tous face à la possibilité de décrire une larme à Bruxelles qui pourra être séchée par quelqu’un de notre entourage comme par quelqu’un au bout du monde parce qu’il ou elle aura, un jour ou l’autre, pleuré la même larme.
Il m’arrive souvent de me promener ici et là au gré de pages inconnues, qui me font quelquefois sourire, apprendre de nouvelles choses, m’apercevoir que le monde est rempli de gens à éviter, de découvrir une vision plus large et plus tolérante que la mienne, ou tout simplement rencontrer des affinités inespérées. Là où on n’attendait rien.
Quelquefois, je laisse un message pour dire que je suis passé. Un simple mot sans conséquence. Pour remercier de l’excellent moment passé dans leur univers. D’autres fois, je n’en laisse pas. Parce que je ne sais pas quoi dire exactement. Par timidité, sans doute.
Probablement que certains, comme moi, se demandent qui sont ceux qui sont venus les lire. Sont-ils arrivés par le simple fruit du hasard? Sont-ils devenus des «habitués» qui viennent de temps en temps rendre visite, comme on passe devant un kiosque à journaux pour le bonheur de lire quelques lignes, sans pour autant vouloir laisser de traces?
Curieux ce monde de liberté, de solitude et d’intimité qu’Internet est venu offrir à tout un chacun. Curieuses ces promenades dans d’autres mondes qui, pour la majorité des gens, ne tiennent pas du voyeurisme, mais servent souvent de repères, par des affinités silencieuses et saines et qui sont belles parce qu’elles ne sont pas contraignantes.
Ce qui n’est pas le cas de certains forums, même d’une petite poignée de gens, et dont les membres finissent par ressentir des jalousies mesquines, de basses aversions envers les uns et les autres juste parce qu’il ne sont pas comme eux voudraient qu’ils soient, et où les plus réservés ou silencieux perdent leur liberté de circuler puisque s’ils ne laissent pas de messages pour des diverses raisons, et se font même traiter d’espions. Et qui, un jour ou l’autre, finissent par être exclus par ceux-là mêmes qui les avaient invités à les rejoindre. Parce qu’exclure est le pouvoir de tous les faibles. Et parce que c’est ce que l’homme a trouvé de mieux pour se donner des frissons de puissance jubilatoire.
Moi, je suis heureux de voir tous ces gens qui viennent me rendre visite. Qu’ils soient mes amis de toujours, de parfaits inconnus ou bien ceux qui, hier encore, pour le sentiment de puissance sans doute, ont souillé par ingratitude ou par bêtise d’autres qui étaient des leurs.
Moi, je sais qu’ils sont passés par là. Je sais qu’ils sont venus me rendre visite même s’ils n’ont pas laissé un mot.
Et il ne me viendra jamais à l’idée de les exclure. Pour rien au monde…
J’aime cette « peinture » de la toile !
Oui, il y a la comme une magie : ces rencontres sur la Toile bien différentes, plus larges dans l’espace, que celles dans « la vraie vie » …
Exclure, non, en effet, nous sommes d’accord ; comme nous sommes d’accord que chaque webmestre peut savoir qui est venue le visiter et, donc, décider d’aller ou non « rendre » la visite …
L’exclusion en supprimant des commentaires ; là je serais plus nuancé en ayant en tête ce qui vient d’arriver à Géraldine. Je me souviens aussi avoir modéré mes commentaires il y a 1 ou 2 ans, jusqu’à ce que des agressifs se calment …
Je commentais peu car j’avais peur de faire doublon avec mes Revues et, lors, les pings pouvant s’accrocher ; bref : surtout ne pas « spamer » une personne. Pourtant : les commentaires font vivre les blogs – pas les trop vides, cependant 😉 – et, hélas, je viens d’apprendre qu’ils prenaient plus de place que les billets …
Rien est simple et, en effet : ne pas exclure !