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Mais la saudade parle aussi du désir qui déborde, qui tend obstinément vers son objet. S’il semble moins électrique que le duende espagnol, il puise toutefois à la même source : nous sommes seuls, nous mourrons un jour, la vie nous malmène et s’enfuit – la prise de conscience est aisée, mais c’est autre chose de vivre ça au fond de soi.
Couleurs : turquoise de l’islam, curry, corail, blanc d’os, bleus dégradés de la mer. Les odeurs du pain qui cuit, des pavés mouillés, du poisson frit dans les boutiques des rues. Arômes de coriandre, de menthe, des gros ragoûts et de porc rôti qui filtrent aux portes des petits restaurants de quartier – les tascas. Le plat du jour – prato do dia – est affiché sur la vitrine, et nous choisissons une tasca aux tables pleines, où tout le monde s’assoit avec tout le monde. En attendant ma commande, j’admire le gâteau aux noix nappé de caramel qu’on apporte au voisin. Il s’en aperçoit, s’empare de ma fourchette et me la rend avec une bonne bouchée de son gâteau. Le garçon nous sert du poisson frit dans une pâte légère et craquante, et des aubergines épicées que les Maures d’antan n’auraient pas dédaignées. Pour une surprise, c’est une excellent surprise. Voici la vraie cuisine locale. Au dessert, Ed prend de bonnes vieilles pommes au four, et moi un flanc à la cannelle, parfum d’Arabie. La note : vingt euros – quatre fois mois que dans un de ces restaurants cotés, et dix fois meilleur.
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Frances Mayes
Saveurs vagabondes
Une année dans le monde
– traduit de l’américain par Jean-Luc Piningre –
[Folio]
À propos de dubleudansmesnuages
Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre.
Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres …
Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française.
Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan …
Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro.
Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub.
Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires.
Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées.
Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent.
Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu.
Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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Avec toutes ces couleurs et odeurs, je suis prête à partir là ou il se trouve
Voici un livre attirant et parfumé à souhait…
Merci