

Dies Irae
On a envie de chanter, mais nul ne chante.
On a envie de pleurer, mais nul ne pleure.
Un fantôme lève
La main de la peur sur notre vie.
On a envie de crier, mais nul ne crie.
On a envie de fuir, mais nul ne fuit.
Un fantôme borne
Tout l’avenir au seul aujourd’hui.
On a envie de mourir, mais nul ne meurt.
On a envie de tuer, ais nul ne tue ?
Un fantôme parcourt
Les tumultes où l’âme se précipite
Ah ! malédiction du temps où nous vivons,
Sépulture de grilles ciselées,
Qui laissent voir la vie que nous n’avons pas
Et nos angoisses figées !
Miguel Torga
Anthologie de la poésie portugaise
1935-2000
Gallimard
–
Apetece cantar, mas ninguém canta.
Apetece chorar, mas ninguém chora.
Um fantasma levanta
A mão do medo sobre a nossa hora.
Apetece gritar, mas ninguém grita.
Apetece fugir, mas ninguém foge.
Um fantasma limita
Todo o futuro a este dia de hoje.
Apetece morrer, mas ninguém morre.
Apetece matar, mas ninguém mata.
Um fantasma percorre
Os motins onde a alma se arrebata
Oh! maldição do tempo em que vivemos,
Sepultura de grades cinzeladas
Que deixam ver a vida que não temos
E as angústias paradas!
Le texte du poète Miguel Torga a été chanté par Luis Cilia dans La poésie Portugaise de nos jours et de toujours, en 1969, le second des trois albums introuvables sortis en France , où il fait découvrir des poètes portugais et où il chante celui qui, quelques années plus tard, allait devenir le prix Nobel de littérature, José Saramago.
