La griotte d’Óbidos

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La création de liqueurs à partir des fruits remonte au temps et aux lieux ancestraux, où, certaines étaient prises pour soigner certaines maladies. Dioscórides, médecin grec, au Ier siècle après JC, décrit, dans son livre De Materia Medica les vertus thérapeutiques de la griotte. Au XVème siècle, les liqueurs étaient très utilisées par les apothicaires  en tant que véritables produits pharmaceutiques et ceci jusqu’au XIXème siècle.

Il n’est pas aisé d’établir avec exactitude l’origine de la boisson. Cependant, José Leite de Vasconcelos, dans son œuvre L’ethnographie portugaise, rappelle que Pline l’ancien, fameux écrivain romain, vantait les « ginjas du Portugal» (griottes du Portugal). Et il est vrai qu’il ne fait aucun doute pour un Portugais que dans la région d’Óbidos il existe les meilleurs « ginjas » de l’Europe. Que dis-je?… Du monde.

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Même si l’origine reste incertaine et controversée, les Portugais auraient hérité les griottes sauvages de la civilisation romaine et la technique de la distillation de l’alcool des Arabes. Le sucre est venu avec l’expansion maritime. Les ordres religieux ont toujours voulu utiliser la nature et il est probable que la ginja de Óbidos soit née au XVIIème siècle, lorsqu’un moine a voulu tirer profit de la grande quantité des fruits de la région.

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La formule a été très répandue et la liqueur a commencé à être fabriquée artisanalement, chacun présentant sa « Ginja », comme étant la meilleure de la ville.

Cette liqueur qu’on appelle aussi « Ginjinha de Óbidos », de couleur rouge, présente deux variantes, l’une uniquement avec de la liqueur et l’autre avec de fruits à l’intérieur. Elle a une saveur assez forte, parfumée et est quelquefois aromatisée à la vanille ou à la cannelle.

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On prétend que la peintre Josefa d’Óbidos, auteure de la nature morte Griottes et fromage avait l’habitude de savourer cette liqueur, qu’elle fabriquait personnellement, pendant qu’elle se donnait à sa plénitude artistique.

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Plus ou moins alcoolisé, ce nectar des dieux est un ex-libris de la vile. Si vous allez sur place, faut absolument la boire dans un verre en chocolat. Qu’on croque par la suite.

Hummmmmmmmmmm…. A la vôtre!…

 

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À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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9 réponses à La griotte d’Óbidos

  1. LELIEVRE dit :

    oui où trouve-ton les verres en chocolat Merci d’avance

  2. Lali dit :

    Et les verres en chocolat, on trouve ça où??

  3. brazex dit :

    L’avantage des alcools en général et la « ginja » en particulier se situe dans la stimulation de touts nos sens, or si on boit un bon verre de « ginja » on peut devenir un vrai artiste peu importe le domaine. Allez à la votre…………..slurp!

  4. Denise dit :

    Un tout petit verre en chocolat de « Ginja », ce n’est pas de refus Armando…
    juste pour goûter !

  5. Isa dit :

    agora ia uma Ginjinha

  6. JC dit :

    Gourmando lol

  7. Dominique dit :

    Et une boisson de Reine non ?

  8. Puff dit :

    Hummmmmm! Bois le nectar et laisse-moi le chocolat!

  9. chantal dit :

    Entre les mets appétissants de cette superbe nature morte et cette liqueur… de quoi dilater les papilles d’avance, Armando !

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