Sonnets from the Portuguese, Elizabeth Barrett Browning

mes-mercredis.jpg
mes-mercredis-ar.jpg


 

En 1850, la poétesse romantique anglaise Elizabeth Barrett Browning a écrit un ensemble de sonnets qui deviendra une des œuvres les plus appréciées de la poésie lyrique amoureuse dans la langue de Shakespeare.

Il s’agit des Sonnets from the Portuguese (Sonnets portugais), dédiés à son époux, Robert Browning, poète lui aussi.

Déjà, en 1844, avec la publication de son recueil Poems, Elizabeth avait obtenu un certain succès populaire comptant Edgar Allan Poe parmi ses admirateurs.

Puis, plus tard, elle entretient une correspondance avec Robert Browning, quelque six ans plus jeune qu’elle et admirateur de son travail. Après s’être échappée de l’emprise de son père, Elizabeth a épousé Robert et ils ont établi leur résidence en Italie, dans la magnifique ville de Florence.

En soutenant le mouvement d’unification italienne, Elizabeth Browning a aussi laissé une trace comme militante de l’indépendance italienne s’opposant à l’esclavage.
Elle décédera en 1861, à Florence dans les bras de son époux.

Quant aux fameux 44 Sonnets Portugais, il faudra avouer que « de portugais » il n’avait pas grand-chose. Ayant écrit ses sonnets pour son mari, Elizabeth Browning les jugeant trop personnels et ne voulant pas dévoiler à ses lecteurs ses sentiments les plus intimes, son mari lui a proposé qu’on les publie comme s’ils avaient été traduits d’une autre langue. Il lui avait alors suggéré le bulgare. Elizabeth qui avait une grande admiration pour les sonnets de Luis de Camões, de qui elle disait personne n’a jamais su parler d’amour avec la profondeur que le poète portugais a su le faire, a alors suggéré que son recueil porte le nom de Sonnets from the Portuguese (Sonnets portugais).

Parmi eux je vous propose de découvrir le très romantique Sonnet 43…

« How do I love thee? Let me count the ways.
I love thee to the depth and breadth and height
My soul can reach, when feeling out of sight
For the ends of being and ideal grace.

I love thee to the level of every day’s
Most quiet need, by sun and candle-light.
I love thee freely, as men strive for right.
I love thee purely, as they turn from praise.

I love thee with the passion put to use
In my old griefs, and with my childhood’s faith.
I love thee with a love I seemed to lose

With my lost saints. I love thee with the breath,
Smiles, tears, of all my life; and, if God choose,
I shall but love thee better after death. »

 

Comment t’aimé-je ? Laisse-moi t’en compter les façons.
Je t’aime du tréfonds, de l’ampleur et de la cime
De mon âme, lorsque, invisible, elle aspire
Aux fins de l’Être et de la Grâce idéale.

Je t’aime au doux niveau du besoin de chaque jour,
À la lumière du soleil et de la chandelle.
Je t’aime en liberté, comme on tend au Juste ;
Je t’aime en pureté, comme on fuit la Louange.

Je t’aime de la passion dont j’usais
Dans les chagrins, et de ma confiance d’enfant.
Je t’aime d’un amour qui semblait perdu

Envers mes saints de jadis, – je t’aime du souffle,
Sourires, larmes de toute ma vie ! – et si Dieu en décide,
Je t’aimerai mieux encore dans la mort.

« Amo-te quanto em largo, alto e profundo
Minh’alma alcança quando, transportada
Sente, alongando os olhos deste mundo
Os fins do Ser, a Graça entressonhada.

Amo-te em cada dia, hora e segundo:
A luz do sol, na noite sossegada.
E é tão pura a paixão de que me inundo
Quanto o pudor dos que não pedem nada.

Amo-te com o doer das velhas penas;
Com sorrisos, com lágrimas de prece,
E a fé da minha infância, ingênua e forte.

Amo-te até nas coisas mais pequenas.
Por toda a vida. E, assim Deus o quisesse,
Ainda mais te amarei depois da morte. »

[Traduction vers le portugais de Manuel Bandeira]

 

Je vous suggère de faire un tour par : Sonnets portugais

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
Ce contenu a été publié dans Mes mercredis au Portugal. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

5 réponses à Sonnets from the Portuguese, Elizabeth Barrett Browning

  1. Dominique dit :

    Une grande amoureuse, portugais ou pas j’aime ces sonnets mais je connais très mal un bon petit rappel d’aller y voir

  2. colo dit :

    Merci Armando, une femme bien intéressante!
    Le sonnet que tu as mis aujourd’hui est beau en anglais et portugais, mais je trouve la traduction française un peu…comment dire? pompeuse.
    Le tour par chez Lali vaut vraiment la peine.
    Belle semaine, un besito.

  3. Je me sens heureux d’avoir connu une femme si bellement amoureuse et les mots qu’elle a su choisir avec grâce pour exprimer ses élans envers l’homme de sa vie.

  4. Denise dit :

    Ton billet est magnifique Armando et je découvre Elisabeth Barrett Brownig cette poétesse aux mots merveilleux! Merci.

  5. Chantal dit :

    Belle découverte que cette poétesse. Merci Armando

    « Je t’aime au doux niveau du besoin de chaque jour » … Que c’est beau !

Les commentaires sont fermés.