Ma semaine en chansons, 26 janvier 2008


Voilà une semaine en chansons, avec plein de découvertes et de « retours en arrière ». Bien entendu que j’exprime ici ma sensibilité musicale et que je ne suis d’aucune manière un expert en la matière. De plus, je ne prétends pas l’être. D’autant plus que certains disques sont une vraie corvée et que quelquefois les textes de certaines chansons des chefs-d’oeuvre de niaiserie.

Je suis parfois étonné de voir à quel point les médias peuvent « gonfler » un disque qui à l’écoute me paraît assez médiocre. C’est à croire que certains « tubes » tiennent plus de l’art de faire du fric que de l’art musical. Mais je me trompe sans doute… Bon, assez tergiversé, je plonge…


Maidi Roth, 2007 – Un peu plus que moi

J’ai dû m’endormir quelque part sous un arbre et me réveiller brusquement en prenant une branche sur la tronche.

Franchement, Maidi Roth, vous avez déjà entendu parler d’elle?… Eh ben, moi pas, et pourtant il semblerait que cette artiste d’origine scandinave en soit déjà à son troisième album.

Comment ai-je pu passer à côté de cette voix merveilleuse et d’un son rock loin des formatages habituels?

Qu’elle et ses admirateurs me pardonnent, mais je me rattrape depuis. Alors, pour ceux qui se sont endormis sous le même arbre, sachez qu’elle maîtrise le piano, la guitare ainsi que le violon, qu’elle signe aussi ses textes et que sa musique est originale et vive.

Faut peut-être ajouter que je suis sous le charme. Mais probablement que vous vous en étiez déjà aperçus.

Mouzanar, 2007 – Les champs arides

Heureuse découverte (vous allez vraiment croire que je sors de prison) que celle de cet album de ce chanteur d’origine libanaise, à la voix sensuelle.

Les textes sont savoureusement poétiques. J’ai adoré Les champs arides, La peur de l’O, Le rose et le noir et puis son duo avec Barbara Carlotti est d’une grande beauté poétique et amoureusement ensorcelant.

En musicien accompli, il a signé la musique du film Caramel, une comédie dramatique franco-libanaise réalisée par le jeune cinéaste libanaise Nadine Labali. Moi j’ai adoré…

 

Remedios Amaya, 1998 – Me voy contigo

Celle qui a été la préférée du grand guitariste de flamenco Camarón de la Isla, avec qui elle a travaillé à plusieurs reprises, est sans conteste une de plus belles voix et une des chanteuses les plus inspirées du flamenco. Cet album d’une grande beauté musicale est une vraie gourmandise pour les ‘écouteuses’. Faut dire qu’elle est accompagnée à la guitare par Vincente Amigo (tiens .. je connais quelqu’un qui aime bien Vicente).

Et, puis, quand je pense qu’elle a représenté l’Espagne à l’eurovision en 1983, du temps où chacun avait l’audace de chanter dans la langue du pays qu’il ou elle représentaient avec la chanson « Quien maneja mi barca ? » sans obtenir aucun point…

Viktor Lazlo, 2007 – Begin the biguine

Tous ceux qui ont croisé un jour sa voix de tueuse dans « canoë rose » ou « pleurer des rivières », ne pourront que se rendre à « l’automne est là », la chanson numéro deux de cet magnifique album. Quelle maîtrise et quelle maturité.

Viktor Lazlo est incontestablement une des plus belles voix de la chanson française. Au fil des chansons, on se sent heureux, apaisé. Cet album est un bonheur. Mieux. Un plaisir raffiné. Ne vous en privez pas.


John McVie
’s « Gotta Band » with Lola Thomas, 1992

Voici, juste pour mon plaisir. John McVie, le bassiste du merveilleux groupe Fleetwood Mac, s’est entouré de quelques amis pour faire un album avec Lola Thomas qui a signé la plus grande partie des textes.

Comme il le prétend lui-même, c’est un album correct. Joué et chanté avec amour. Personnellement j’ai retenu « amour » …

De temps en temps, je le sors de l’étagère où il se trouve, à peine endormi. Histoire de le faire tourner un peu. Pour mon plaisir. Parce qu’il chante avec amour… et ça s’entend. C’est vrai que je suis un égoïste…


Yelle
, 2007 – Pop up

Pure jus Myspace (donc l’espoir est permis pour d’autres) où elle aurait eu un franc succès avec « Je veux te voir », elle vient de sortir un album, avec une reprise de « À cause des garçons », la chanson du groupe du même nom. La chanson écrite par Alain Chamfort qui a été un mega tube à la fin des années 80.

Pour éviter de paraître pas trop dans le coup, je crois qu’on appelle cela de l’éléctro-pop. Ce n’est pas de tout mon genre et je ne vous conseille pas de gaspiller vos sous là-dessus. Mais vous faites ce que vous voulez.


Francis Bernier, 2007 – Le Prince d’Azur

Découvert à L’école des fans où il a chanté avec brio « Elle s’en va » en duo avec Patrick Norman, Francis Bernier s’est montré bien plus qu’un gosse doué qui sait chanter. Plus tard, il a étonné plus d’un, en chantant « Sous le vent » avec Céline Dion. Ceci si bien entendu on considère que Céline Dion chante. Pour son premier album, la chanson qui donne le titre de l’album «Le prince d’Azur » a été écrite par Serge Lama, qui prête pour l’occasion sa voix à un duo. Personnellement, il y a d’autres textes et prestations de Serge Lama que je préfère.

D’ailleurs, les textes de l’album ne me semblent pas tous d’une grande qualité et certains sont même franchement médiocres (chut!… pas de noms) et ceci malgré des brillants auteurs. Seule la voix de Francis Bernier arrive à charmer et à faire oublier certains textes. À vous de vous faire une opinion. Dans l’ensemble, je trouve que l’album a, ici et là, des moments agréables, et malgré son énorme succès outre Atlantique, où certains le traitent de prodige, il ne me semble pas qu’il révolutionnera l’histoire de la musique. Votre serviteur l’a écouté une fois. Une.

Georges Chelon, 1997 – Ma compil

En parcourant les chansons de Chelon, on se rend compte de l’immense auteur-compositeur qu’il est et de la trace indélébile qu’il laisse dans la chanson française dite d’auteur.Écouter Chelon, c’est ouvrir le cœur à la sensibilité des mots, à l’intelligence des phrases, à la beauté de l’écriture.

Ce Marseillais discret, qui interprète si bien les blessures de l’âme ou bien la difficulté d’aimer, en composant des mélodies intelligemment agréables, quelquefois au style de Georges Brassens, est un chêne robuste de la chansons française. Ses chansons s’inscrivent dans le temps et font partie d’un patrimoine collectif (Père prodigue, Sampa, Ça ne fait rien, Les larmes au poing, Les années glissent dans ta vie, Silence, etc.) Ses textes sont réunis sous les livres « Monde à l’envers » et « Au-dessus des nuages ». Si vous aimez les beaux textes… Et puis, pour une fois et ce n’est pas coutume, j’ai envie de terminer en partageant avec vous « Silence », extrait de l’album « Orange et Citron », sortie en 1982.

Silence, écoutez-le celui
Qui n’a pas fait comme nous
Celui qui est resté debout
Quand nous nous sommes mis
A vivre à genoux.
Silence, nous qui nous sommes tus,
Qui avons élevé la honte
Au point d’en faire une vertu: Vaincus
Et pas même battus.
Silence, écoutez-le celui
Que l’on a traité de fou,
Que l’on a traîné dans la boue,
Quand nous nous sommes mis
A vivre à genoux.
Quand il fallait nous taire,
Nous avons trop parlé,
Passée notre colère,
Où était la fierté?
Il fallait s’oublier,
On n’a pensé qu’à nous,
Il fallait se dresser,
On s’est mis à genoux.
Alors, silence, écoutez bien celui
Que j’ai dû arracher de l’ombre.
Le ciel m’a conduit jusqu’à lui,
Lui seul peut faire de vous des hommes.
Car il est la lumière
Rejetée dans la nuit.
Au bout de mes prières,
Il m’a fait son ami.
En lui est ma confiance
Et il ne tient qu’à vous
De sortir du silence,
D’essuyer vos genoux.
Il va briser les chaînes
Que toi-même as forgées.
D’autres auraient de la haine,
Lui n’a que des regrets.
Compagnon de déroute,
L’Histoire vient devant toi,
Elle te parle, écoute,
Compagnon, lève-toi.
-« Silence, je suis celui
Qui n’a pas fait comme vous.
C’est moi qui suis resté debout
Quand vous vous êtes mis
A vivre à genoux.
C’est vrai, je suis celui
Que vous avez traité de fou.
Vous m’avez traîné dans la boue,
Moi qui suis resté debout.
Alors, silence, je me charge de tout,
Je prends sur moi votre défaite.
J’ordonne, obéissez, c’est tout,
Mon peuple adoré, à genoux. »

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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3 réponses à Ma semaine en chansons, 26 janvier 2008

  1. jc dit :

    J’ai enfin réussi à écouter tout cela et surtout à te lire
    Tu sais combien j’apprécie cette rubrique
    Merci Armando

  2. Lali dit :

    C’est toujours un bonheur de lire cette chronique. Comme si tu nous parlais de vive voix avec ton accent belgo-portugais ou portugo-belge.
    Oui, bonheur.
    Merci!

  3. denise dit :

    Que de belles découvertes Armando.
    Je me régale avec toutes ces musiques. La voix de Francis est très belle et pure.
    Viktor Lazlo, je connais ainsi que Georges Chelon avec ses splendides textes.
    Un vrai bonheur toutes ces musiques.

    Merci.

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