


Avec la mer
J’apporte la mer entière dans ma tête
De cette façon
Qu’on les jeunes femmes
D’allaiter leurs enfants;
Ce ne qui ne me laisse pas dormir,
Ce n’est pas le bouillonnement de ses vagues
Ce sont ces voix
Qui, sanglantes, se lèvent de la rue
Pour tomber à nouveau,
Et en se trainant
Viennent mourir à ma porte.
[Anthologie de la poésie portugaise contemporaine
1935-2000
Choix et présentation de Michel Chandeigne
Traduction de Patrick Quillier, Michel Chandeigne,
Michelle Giudicelli, Magali et Max de Carvalho
Éditions Gallimard, 2003]
[Photo : Armando Ribeiro]

Nous avons en commun le fait d’être nés un 19 janvier même si 31 ans nous séparent.
Eugénio de Andrade a été inspecteur administratif du ministère de la Santé pendant 35 ans et malgré son prestige international, il a vécu éloigné de la vie mondaine et a justifié ses apparitions par le fait « de cette débilité du cœur qui est l’amitié ».
Celui qui comptait parmi ses innombrables amis Marguerite Yourcenar et Sophia de Mello Breyner Andresen a été couvert de distinctions parmi lesquelles le Prix de poésie de l’Association portugaise des écrivains et le Prix Camões.
Il disparait, après une longue maladie, en 2005 à Porto où une Fondation porte son nom depuis 1992. Malheureusement celle-ci, selon les dires d’Arnaldo Saraiva, son responsable, n’est pas viable et est donc condamnée à disparaitre. Il est prévu à la place la création de la « Casa da Poesia » (Maison de la poésie) portant le nom du poète, laquelle devrait fonctionner selon des termes plus favorables, sans équivoque entre le privé et le public, le commercial et le culturel.
À propos de dubleudansmesnuages
Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre.
Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres …
Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française.
Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan …
Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro.
Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub.
Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires.
Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées.
Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent.
Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu.
Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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bonjour je viens de mettre un lien sur votre site en ayant publié un article sur Andrade dans http://re-ecrit.blogspot.com
Je vais essayer de me la procurer cette antologia …
Ah! comme j’aime Eugénio à qui j’ai consacré quelques billets…
Eugénio de Andrade, un grand poète et un Être exceptionnel !
Parfois j’entends mourir le silence
c’est la mer qui s’éloigne,
une branche qui s’est brisée avec
le poids insupportable
du monde sur le vert de ses feuilles
le sifflement de la lune
nouvelle déchirant le sol des eaux
réveillées en sursaut, la rauque
respiration de la maison
étouffée par l’air
glacial des rues, les pas d’avril
descendant les dernières marches
Les lieux du feu (traduction de Michel Chandeigne, ED L’Escampette)
Buenas tardes Armando, cette fois c’est vous qui me faites connaître un poète, merci!
Durs et beaux ces vers, le sang et la mer, très présents dans la poésie portugaise, tant de douleurs dans la poésie españole aussi.
La photo est superbe…hasta pronto.
Merci Armando pour ce très beau billet.
Ta jolie photo accompagne si bien la poésie d »Eugénio de Andrade »!
Un des plus grands poètes portugais contemporains, malheureusement disparu trop tôt.
ici il pleut, une poésie mouillée… Mais je n’oublie que dehors c’est encore l’été.
Chacun sait que l’été en France tout s’arrête, heureusement que je peux venir lire de la poésie ici car l’exemplaire que j’ai commandé n’est toujours pas arrivé ..patience et en attendant je profite du Bleu