
De son vrai nom José Fontinhas et connu sous le pseudonyme d’Eugénio de Andrade. Celui qui est considéré par beaucoup comme l’un des poètes majeurs de langue portugaise, est décédé le 13 juin 2005, à Porto.
Marguerite Yourcenar a dit de ses poèmes: « Ce clavecin bien tempéré de vos poèmes ».
Il a reçu le Prix Camões de la littérature portugaise en 2001.
As palavras
São como um cristal,
as palavras.
Algumas, um punhal,
um incêndio.
Outras,
orvalho apenas.
Secretas vêm, cheias de memória.
Inseguras navegam;
barcos ou beijos,
as águas estremecem.
Desamparadas, inocentes,
leves.
Tecidas são de luz
e são a noite.
E mesmo pálidas
verdes paraísos lembram ainda.
Quem as escuta? Quem
as recolhe, assim,
cruéis, desfeitas,
nas suas conchas puras?
Les paroles
Elles sont comme un cristal,
les paroles.
Certaines, un poignard,
un incendie.
D’autres,
seulement de la rosée.
Grosses de mémoire, elles viennent en secret.
Incertaines, elles naviguent;
navires ou baisers,
les eaux frémissent.
Désemparées, innocentes,
légères.
Tissées de lumière,
elles sont la nuit.
Même pâles,
elles rappellent encore de verts paradis.
Qui les écoute? Qui
les recueille, ainsi,
cruelles, défaites,
dans leur nacre pure?
À propos de dubleudansmesnuages
Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre.
Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres …
Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française.
Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan …
Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro.
Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub.
Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires.
Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées.
Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent.
Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu.
Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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De cette manière ou d’une autre
La douceur de l’herbe
haute
comme au chant du crépuscule,
de cette manière ou d’une autre,
aveugle
d’avoir cherché dans les flancs
les vestiges du feu,
laisse-moi te dire : quand la pierre
de l’été n’était que de l’eau
dans ta bouche mon nom était un navire,
sur les épaules la
nuit nue
dans le coeur le rossignol
de la brume,
c’était nous mon amour c’était nous,
personne ne nous voyait,
cette musique
où la terre respire.
(Eugénio de Andrade)
Parce que c’est tout de même de lui qu’il s’agit dans ce billet-hommage!!
Merci Armando pour le partage de ce magnifique poème de ce grand poète.
Oups, désolée Marcel. Je ne savais pas !
De tout coeur, recevez mes voeux les plus chaleureux pour votre anniversaire, en retard d’un jour.
Avec toutes mes amitiés
Heureuse anniversaire Marcel, en retard !!!!!!!!
Quelle gentillesse Isa d’avoir traduit ce merveilleux poème, à mon intention, de surcroît. Un tout grand merci.
C’est avec plaisir que je constate que ce grand poète est presque un « jumeau astrologique » puisqu’il est né le 13 juin.
Moi, c’est le 12 juin. C’était hier, il y a longtemps … (comme dit Armando)
Encore merci, Isa, et toute mon amitié.
C’est aujourd’hui que fait 120 ans que Pessoa est né, pour ce jour je vous envoi la traduction du MAR PORTUGÊS
Mer Portugaise
La mer salée, combien de ton sel
Est fait des larmes du Portugal !
Parce que nous t’avons franchie,
que de mères ont pleuré !
Que d’enfants ont en vain prié !
Que de fiancées ne se sont pas mariées,
Pour que tu sois nôtre, ô mer !
Cela en valait-il la peine ? Tout vaut la peine
Si l’âme n’est pas mesquine.
Qui veut dépasser le Cap Bojador
Doit dépasser la douleur.
Dieu a donné à la mer l’abîme et le péril
Mais c’est sur elle qu’Il a reflété le ciel.
Pessoa
La traduction de ce poème est spécialement dédié à Marcel, c’est le même que j’ai écrit le 10 juin.