Carolina Beatriz Ângelo

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Née en 1877, Carolina Beatriz Ângelo a probablement été la première chirurgienne au Portugal, après avoir terminé ses études de médecine à Lisbonne en 1902.

On doit à cette féministe la fondation de l’Association de Propagande Féministe, fondée en mai 1911. Une association de féministes républicaines qui ont œuvré activement pour que les femmes puissent exercer leur droit de vote.

Faut savoir que la loi électorale de la jeune république prévoyait très clairement le droit de vote à tous les citoyens portugais âgés de 21 ans  et plus sachant lire et écrire et étant des « chefs de famille ».

Carolina Beatriz Ângelo était décidée à voter dans les premières élections du 28 mai 1911 et pour ce  avait la volonté de faire respecter la loi. En tout cas à la lettre, sans se soucier de son esprit.

C’est ainsi qu’elle est allée s’inscrire sur les listes électorales et s’est vue confrontée aux innombrables difficultés soulevées par la Commission électorale dans un premier temps et par la réponse négative d’António José de Almeida, ministre de l’Intérieur, par la suite.

Tenace et certaine de son bon droit, Carolina Beatriz Ângelo, médecin et chirurgienne, veuve et mère, décide de défier le pouvoir en place et d’introduire un recours devant le suprême Tribunal puisque, selon elle, si la loi ne spécifiait le droit de vote aux femmes, elle ne l’interdisait pas non plus.

En outre, en tant que veuve, elle se considérait comme étant « chef de famille » et avait donc le plein droit d’exercer l’acte citoyen de voter.

Dans le Portugal d’alors, le charisme de Carolina et son acte d’insoumission au gouvernement de la République soulèvent une énorme polémique non seulement dans la presse mais aussi dans la société portugaise.

Toujours est-il que le 28 mai 1911, Carolina Beatriz Ângelo a exercé son droit civique et a voté lors de l’élection des députés de l’Assemblée. Cela a fait d’elle par la même occasion la première femme à exercer son droit de vote au Portugal et dans la majeure partie de l’Europe,  puisque, en 1911, seules la Finlande et la Norvège avaient concédé le droit de vote aux femmes.

La République pouvait bien être symbolisée par une femme. « L’incident Carolina » avait cependant blessé profondément l’orgueil et les esprits des hommes politiques à un point tel que les dirigeants de la République se sont vus dans l’urgente nécessité de clarifier ce qui jusqu’alors leur avait semblé tellement évident, c’est-à-dire le caractère masculin de la politique. Et c’est ainsi que dès 1913, la loi électorale détermine : «… sont électeurs tous les citoyens portugais de sexe masculin, ayant plus de 21 ans, sachant lire et écrire le portugais… »

Ils avaient toutefois ignoré que le feu allumé par Carolina Beatriz Ângelo brûlait désormais dans le cœur de milliers de femmes… et n’était pas prêt de s’éteindre…

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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5 réponses à Carolina Beatriz Ângelo

  1. Dominique dit :

    Une de ces femmes qui marquent leur époque, fière et noble et d’un courage et d’une détermination sans faille , quelle femme !

  2. gballand dit :

    Merci pour l’article.

  3. Lali dit :

    Ah ce que j’aime quand tu nous fais découvrir des personnages de l’histoire portugaise. Celle-ci aurait bien plus à ma grand-mère maternelle qui a milité pour le vote des femmes. 😉

  4. Denise dit :

    Merci Armando de nous faire découvrir l’histoire de ton pays. C’est toujours passionnant d’autant plus que je ne connaissais pas ce qu’avait fait « Carolina Beatriz Angelo ». Une femme forte.

  5. Ikebukuro dit :

    Je n’avais jamais entendu parler d’elle et cet article est vraiment très intéressant car si le Portugal est proche, on ne connaît pas si bien que ça ce pays et les personnages qui ont marqué son histoire.

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