
Seul, devant son énième verre de vin qui comblait sa solitude, il prétend avoir lu que la vie est un éternel retour à l’enfance…
Je l’entendais dire des jurons à tout un tas des gens sans nom, mais qui sans doute, pour lui, avaient un visage de souffrance.
Les gens présents le regardaient l’air amusé. Parlant entre eux en faisant des signes en direction de l’ivrogne solitaire. L’un d’eux m’a regardé et a vociféré quelques mots du genre «il n’est pas dangereux»… Probablement avec l’envie de me rassurer. Ou d’entamer un dialogue. Je ne le saurai jamais puisque mon regard était attiré par la triste figure de cet homme, assis dans un coin, injuriant des gens qui apparemment avaient dû lui faire beaucoup de tort.
Je n’arrivais plus à me concentrer sur les mots que j’avais commencé à écrire. Même quand le désespoir se taisait et sombrait dans une sorte de convulsion, comme si les larmes venaient le laver de sa colère.
Je l’ai regardé et je me suis demandé s’il était marié, s’il avait des enfants, s’il…
Il m’est venu en tête tous ces enfants qui voient brûler les chemins de leur enfance dans les vapeurs d’alcool de celui qui est censé leur montrer le chemin. Tous ces enfants qui en parleront un jour avec des mots inavouables de souffrance. De ce père qui leur a tant manqué et dont ils gardent une image de souffrance.
J’ai regardé ce qui restait de cet être humain, vaincu par l’alcool, et je ne sais pas pourquoi j’ai eu envie de pleurer.
À propos de dubleudansmesnuages
Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre.
Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres …
Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française.
Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan …
Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro.
Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub.
Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires.
Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées.
Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent.
Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu.
Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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ce permalien.
Je l’ai longuement regardé aussi. Des années durant. Crier, frapper sur la table. Injurier la société. M’insulter. Jusqu’à ce qu’il finisse par s’endormir sur la table.
Je n’étais pas l’enfant. Juste celle qui a voulu sauver quelqu’un de ses démons. Au prix de sa propre vie.
…
Et moi aussi, je pleure quand je lis ça. Je pleure de rage sur les neuf années perdues de ma vie.
Non pas sur celui qui brûle sa vie.