Carte blanche à… memória dos cravos

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Dia 24  de Abril, por volta das 10 da noite o então Major Otelo Saraiva de Carvalho chega ao Regimento de Engenharia Nº1, na Pontinha.

É ali que, acompanhado dos tenentes-coronéis Garcia dos Santos e Lopes Pires, do comandante Victor Crespo, dos majores Sanches Osório e José Maria Azevedo, e do capitão Luís de Macedo, instalam, num pequeno anexo com as janelas tapadas por alguns cobertores, o posto de comando.

Com o nome de código « Óscar » dão conhecimento da situação e as instruções às unidades militares de todo o país envolvidas nas operações.

O primeiro sinal como combinado seria dado pelo então posto “Emissores Associados de Lisboa” às 22H55. Era então locutor João Paulo Dinis, que tinha sido militar en Bissau sob as ordens de Otelo.

E cabe a Dinis às 22H55 dar voz e escolher a canção E Depois do Adeus, de Paulo de Carvalho, canção vencedora desse ano do Festival da Canção RTP e que iria a alguns dias depois representar Portugal no Festival da Eurovisão.

A segunda senha é dada na “Rádio Renascença” e vai para o ar no programa «Limite» de Paulo Coelho e Leite de Vasconcelos que antes de pôr o disco recita a primeira quadra de Grândola Vila Morena.

São 0H20 e a liberdade poõe-se em movimento terminando assim com 48 anos de ditadura e de isolamento político.

As horas e os dias que se seguiram pertencem ao colectivo português.  Cada português guarda no seu coração e no seu imaginário o seu 25 de Abril.  As horas e os dias que se seguiram pertencem às ruas em festa.  À memória dos cravos …  

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Grândola vila morena

Grândola vila morena
Terra da fraternidade
O povo é quem mais ordena
Dentro de ti ó cidade

Dentro de ti ó cidade
O povo é quem mais ordena
Terra da fraternidade
Grândola vila morena

Em cada esquina um amigo
Em cada rosto igualdade
Grândola vila morena
Terra da fraternidade

Terra da fraternidade
Grândola vila morena
Em cada rosto igualdade
O povo é quem mais ordena

À sombra de uma azinheira
Que já não sabia a idade
Jurei ter por companheira
Grândola a tua vontade

Grândola a tua vontade
Jurei ter por companheira
À sombra de uma azinheira
Que já não sabia a idade

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traduction libre de courtoisie –  

Carte blanche à… la mémoire des oeillets

Nous sommes le 24 Avril, il est environ dix heures du soir et Otelo Saraiva de Carvalho arrive au Regimento de Engenharia Nº1, na Pontinha (dans les environs de Lisbonne).

C’est là, accompagné d’une poignée d’officiers, qu’il installe, dans une petite pièce aux fenêtres fermées avec des couvertures, le poste de commande des opérations.

Avec pour nom de code « Oscar », ils firent connnaître la situation et les instructions aux différentes unités militaires de tout le pays, engagées dans les opérations.

Le premier signal, comme convenu, serait donné par le poste de radio « Emmissores Associados de Lisboa » à 22H55. Le locuteur était João Paulo Dinis qui avait été militaire à Bissau, sous le commandement d’Otelo.

Et c’est alors à 22H55 que Dinis envoie sur les ondes la chanson « E Depois do Adeus » (Et après l’adieu) de Paulo Carvalho, chanson gagnante du Festival de la Chanson RTP cette année-là et qui allait quelques jours plus tard représenter le Portugal à l’Eurovision.

Le deuxième signal est donné par la « Rádio Renascença » et est lancé dans le programme « Limite » de Paulo Coelho e Leite Vasconcelos qui, avant d’envoyer la chanson sur les ondes, lit les premiers vers de « Grândola Vila Morena« .

Il est 0H20 et la liberté se met en marche mettant ainsi fin à 48 années de dictature et d’isolement politique.

Les heures et les jours qui ont suivi appartiennent au collectif portugais. Chaque Portugais garde au fond de son coeur et de son imaginaire son 25 avril. Les heures et les jours qui ont succédé appartiennent aux rues en fête. À la mémoire des oeillets…

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Grândola ville brune

Grândola ville brune
Terre de fraternité
Le peuple est celui qui commande le plus
En toi, cité

En toi cité
Le peuple est celui qui commande le plus
Terre de fraternité
Grândola ville brune

A chaque côté un ami
A chaque face, l’égalité
Grândola ville brune
Terre de fraternité

Terre de fraternité
Grândola ville brune
A chaque face l’égalité
Le peuple est celui qui commande le plus

A l’ombre d’un chêne vert
Qui ne connaît pas son âge
J’ai juré d’avoir pour compagne
Grândola, ta volonté

Grândola, ta volonté
J’ai juré d’avoir pour compagne
A l’ombre d’un chêne vert
Qui ne connaît pas son âge

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À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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5 réponses à Carte blanche à… memória dos cravos

  1. isa dit :

    Memórias de um passado recente, tão recente que me parece que foi ontem. Obrigado mon frère.

  2. agnès dit :

    Armando, je suis très émue par tout ce que je viens de lire. J’ai visité le Portugal en 1972, Avril 1974 m’avait bouleversée… Je ne trouve pas mes mots ! :-/

  3. Denise dit :

    Très belle et émouvante carte qui en dit long à la mémoire des oeillets rouges.

    Merci Armando.

  4. saab dit :

    Je ne sais que dire… cela a du être un moemnt inoubliable, une page historique intense. Vive la démocratie car si elle possède des côté pas toujours positifs, les autres régimes sont bien pires…

  5. Auzenda dit :

    Merci Armando pour ce voyage au passé. Et dire qu’on était lá, qu’on a vécu ce momment inoubliable.

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