Les pavés de Lisbonne

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Il s’est déjà passé si longtemps depuis la dernière fois que mon regard a caressé les pavés magnifiquement brodés des rues de Lisbonne.

À chaque pas, je plonge davantage mon regard dans mes souvenirs d’adolescent. Je sens mes jambes trembler, mon regard s’émouvoir, malgré mon sourire.

Je cherche une terrasse de café et je m’asseois à une table. Faut que je me reprenne un moment. Que je respire un bon coup. Lisbonne, ma vieille ville, tellement belle que je ne sais pas si je dois regarder en l’air ou par terre…

Je commande un café (uma bica) et un verre d’eau.

J’observe et j’entends le va-et-vient des gens qui ne s’attardent jamais. Ils on l’air si pressés qu’ils ne vont sûrement nulle part. Par habitude. Ils vont là où hier les a déjà emmenés, et où, c’est certain, demain les attendra. Ils m’ont l’air si vides. Vieillis par le sérieux des adultes. Le regard semblant soucieux. Les traits tirés. Aucun sourire.

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Derrière moi, j’entends des plaintes. Qu’il y a trop de gens sur les routes. Que les plages sont mal fréquentées. Qu’on n’a pas encore décidé les vacances. Qu’ils ont besoin de s’évader. Qu’il n’y a plus rien de vraiment intéressant à voir.

Des choses si futiles qu’elles ne peuvent être dites qu’avec l’air sérieux de la bêtise.  Des choses qui me donnent davantage envie de me perdre dans les pavés si jolis, si paisibles, si bien déssinés des rues de Lisbonne. 

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Derrière moi, la futilité connaît une grande agitation. Tout le monde affirme des choses. Personne ne semble avoir envie de questionner quiconque. Tout le monde semble tout savoir. Les gens parlent. Ils parlent, parlent, parlent…  mais ils ne dialoguent plus.

Je ferme les yeux, mon imagination se perd dans les pavés de mon pays, de Lisbonne et ailleurs. Il me plaît d’imaginer que les vraies pierres sont les gens puisque les pavés ont une âme. Silencieuse, patiente, humble et fascinante. L’âme de toutes ces mains d’ouvriers anonymes et qui ont aligné ces cubes de pierre …

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en partant du néant et en allant jusqu’à la beauté.

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Comment peut-on dire qu’il n’y a rien d’intéressant à voir?…

 

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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14 réponses à Les pavés de Lisbonne

  1. Daniel dit :

    Revenu d’un très bref séjour à Lisbonne, je garde le souvenir de ces magnifiques petits pavés, si artistement taillés, si humbles et si beaux avec leur surface qui réfléchit doucement la lumière. Puissent ces trésors et ceux qui les entretiennent ne pas disparaître pour cause d’austérité !

  2. Christelle dit :

    Quand je vais à Lisbonne, je ne me sens pas comme une touriste française.

    J’adore vivre au rythme des lisboètes, parler avec eux (avec mes quelques mots de portugais), accrocher leurs sourires, contempler tout ce qui passe sous mes yeux (le street art, les trottoirs pavés)…
    Pour moi, tout est beau à Lisbonne et ce sont les gens qui la magnifient.

    Joli blog…je vais m’attarder sur cet art lors de mon prochain séjour.

  3. nat-mimosa dit :

    Aucun sourire ? Alors nous ne connaissons pas la même Lisbonne…

    à moins que vous ne parliez des touristes français qui ne font que se plaindre, et parlent tout haut sans imaginer un instant que presque tous les Portugais parlent français et les comprennent très bien.

  4. Lilas dit :

    Quel beau travail,c’est magnifique.

    Moi aussi je pense à tous ces ouvriers qui souvent maltraités ont fait tant de travaux merveilleux !

    C’est ce qui me vient toujours à l’esprit devant tant de labeur,ou certains passent en regardant ,sans aucune pensée pour eux,en trouvant cela bien normal…
    Merci de cette belle visite de ce lieux chargé de mille merveilles.

  5. Merci Marion
    Bienvenue chez vous.

  6. Marion dit :

    Grâce à ces tres belles photos, je découvre votre blog, une perle parmi les blogs !

  7. Lali dit :

    Ce billet est une merveille.
    On en redemanderait…

  8. Reine dit :

    Des ouvriers… ou des artistes ? L’essentiel est qu’ils aient travailler pour l’éternité, ceux qui marchent sur les pavés ne font que… passer ! Mais je suis sûre, malgré tout, que bon nombre de passants marchent le nez par terre !

  9. BRAZEX dit :

    Oh Lisbonne ma ville d’adoption avec le quartier maure ses petites rues ou les gens le parlent de fenêtre à fenêtre, et où on peut marcher sur des tapis de pierres colorés.

    Je t’aime lisbonne

  10. isa dit :

    lindo, só podia ser nessa Lisboa Maravilhosa

  11. Denise dit :

    Quel beauté ! J’y passerai des jours et des jours pour tout contempler, fouler ces jolis pavés et découvrir ta merveilleuse ville et ses environs.

    Je pense à toutes ses mains d’ouvriers qui ont mis tout leur coeur et leur savoir afin de nous faire découvrir ces splendeurs.

    Merci Armando

  12. manu dit :

    Bien sur que c’est un art, on à les plus beaux trottoirs du monde mais les portugais sont tellement atrophiés par le stress et le matérialisme que souvent ils ne savent plus distinguer le beau des futilités quotidiennement débitées par les medias et la publicité. C’est aussi une question d’éducation l’esthétique ça s’apprend et comme tu dois le savoir Armando les parents n’ont pas eu la chance de recevoir une grande formation culturelle. Mais cela n’empêche! On a pas besoin d’avoir fait les beaux arts pour pouvoir apprécier nos beaux trottoirs je dirais même « TROTTOI’ARTS ». C’est dans l’indifférence que des millions de portugais piétinent chaque jour des milliers de mosaiques qui heureusement n’échappent pas aux regards des piétons venus d’ailleurs, les touristes bien sur!
    Bom ! Armando on pourrait disserter longtemps sur le sujet mais je vais te libérer en te souhaitant une bonne journée. Abraços. Manu

  13. marcel dit :

    C’est impressionnant d’ingéniosité, d’art et de beauté.
    Un travail d’orfèvre à grande échelle !

  14. agnès dit :

    C’est magnifique, Armando ! J’ai toujours aimé les mosaïques antiques… très touchant de voir que l’art d’assembler les cubes de pierre est perpétué.

    Mes souvenirs du Portugal remontent à plus de 35 ans. Mais ils sont toujours très vifs.

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