José Afonso, Menino do Bairro Negro

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Même si la grande majorité du peuple portugais découvrait avec la Révolution des œillets la force et la signification d’une forme de musique dite contestataire, il faudra reculer jusqu’au milieu des années quarante pour découvrir le premier chansonnier révolutionnaire, Fernando Lopes Graça, dont les œuvres ont aussitôt été confisquées et interdites par la police politique. Cependant, la musique de l’auteur du Requiem pour les victimes du fascisme au Portugal a continué à vivre dans la clandestinité.

Dans les années 50, le traditionnel fado de Coimbra commence, avec un certain José Afonso, à tendre la main aux chansons traditionnelles de l’intérieur du pays ainsi qu’à se faire le porte-parole d’une critique sociale habilement déguisée, créant ainsi ce qu’on peut désigner sous le nom de chanson contestataire. À José Afonso sont venus s’ajouter des noms devenus incontournables dans la musique portugaise, comme Adriano Correia de Oliveira, Sérgio Godinho, José Mário Branco ou encore Luis Cilia, qui avaient connu, dans les années difficiles de la dictature, un exil prolongé à l’étranger, notamment en France.

Au début des années 70, Marcello Caetano ayantt adouci le régime dictatorial, la radio se laissait aller à passer quelques chansons plus ou moins ambiguës et souvent très contestées par la critique, comme A Tourada, un texte d’Ary dos Santos que Fernando Tordo avait présenté lors de la sélection de la chanson représentant le Portugal à l’Eurovision.

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Environ un mois avant la Révolution des œillets, à l’occasion de la Première rencontre de la chanson portugaise, José Afonso avait interprété, devant un public qui avait repris la chanson, Grandola Vila Morena, devenue la chanson symbole de la révolution portugaise.

Il me vient l’idée de reculer de quelques années dans le temps. Au début des années soixante, lorsque le conventionnel et traditionnel fado de Coimbra glisse doucement vers la chanson d’intervention. En 1963, après avoir chanté le magnifique Menino d’Oiro l’année précédente, José Afonso interprète Menino do Bairro Negro (Enfant du quartier noir) et dépasse ainsi les frontières conventionnellement établies, s’affirmant comme un chanteur et un compositeur engagés politiquement.

Au grand désespoir des « enjoliveurs d’histoire selon les circonstances« , la chanson n’avait aucune connotation raciale. En réalité, la désignation « Quartier noir » faisait référence aux quartiers pauvres et tant méprisés par la société.

Aujourd’hui, certains porte-drapeaux veulent nous faire croire à tout prix que l’ex-professeur au Mozambique aurait écrit cette chanson, qui marque sans doute le virage le plus important de la chanson politique au Portugal, pour défendre une cause purement raciale. À mon humble avis, cela n’est qu’une manière, comme une autre, de dénaturer l’œuvre d’un artiste. Signe des temps sans doute.

 

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Olha o sol que vai nascendo
Anda ver o mar
Os meninos vão correndo
Ver o sol chegar

Menino sem condição
Irmão de todos os nus
Tira os olhos do chão
Vem ver a luz

Menino do mal trajar
Um novo dia lá vem
Só quem souber cantar
Vira também

Negro bairro negro
Bairro negro
Onde não há pão
Não há sossego

Menino pobre o teu lar
Queira ou não queira o papão
Há-de um dia cantar
Esta canção

Olha o sol que vai nascendo
Anda ver o mar
Os meninos vão correndo 
V
er o sol chegar

Se até da gosto cantar
Se toda a terra sorri
Quem te não há-de amar
Menino a ti
Se não é fúria a razão
Se toda a gente quiser
Um dia hás-de aprender
Haja o que houver

Negro bairro negro
Bairro negro
Onde não há pão
Não há sossego
Menino pobre o teu lar
Queira ou não queira o papão
Há-de um dia cantar
Esta canção

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Publié dans Mes mercredis au Portugal | 2 commentaires