Il n’y a vraiment plus rien dans cet encrier
Avant il en sortait quelques mots en couleur
Qui venaient recouvrir sans se faire prier
Les gribouillis jetés de trop de mots douleur
La plume est revenue de ses lointains voyages
Elle voudrait me faire entendre enfin raison
Elle efface un à un mes fabuleux mirages
Parce qu’il n’y a rien derrière l’horizon
Le coeur rafistolé lui ne lutte plus guère
Il bat tout simplement mais ne sait plus pourquoi
Il ne se souvient plus des pulsions de naguère
Et voit venir le jour où il restera coi
Pourtant l’oeil se complaît à musarder encore
En se laissant charmer par toutes les beautés
Qu’il emporte avec lui à l’heure où il s’endort
Pour que mes songes ne soient pas mal fagotés
Malgré tout quelques mots viennent par habitude
Se couchant aussitôt, ils n’ont plus qu’un dessein :
Marquer à ce papier un peu de gratitude
Pour les avoir, hier, accueillis en son sein