Les marchands de la foire Saint-Germain

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Fondée en 1482, la foire Saint-Germain à Paris, installée à l’emplacement de l’actuel marché du même nom, était un haut lieu parisien du commerce où on pouvait côtoyer des commerçants venant de partout.

Un incendie dans la nuit du 16 au 17 mars 1762 a ravagé les lieux.

 

Faut savoir que jusqu’au XVIè siècle, ce sont les marchands vénitiens et arabes qui importaient les épices en Europe.
Avec la découverte de la route des Indes par Vasco da Gama, après celui du passage du cap de Bonne-Espérance par Bartolomeu Dias, le commerce des épices et de la soie est revenu aux Portugais qui commencent par organiser des comptoirs commerciaux.

 

Goa devient la capitale de l’empire portugais en 1510 et dès la première moitié du XVIème siècle les Portugais fortifient son importance dans la région.

Les vaisseaux portugais arrivent en Europe chargés d’épices. D’abord de poivre, puis de clou de girofle, de macis, de noix de muscade, de cannelle, de cacao, de gingembre, etc,. lesquels sont entrés dans les habitudes de la cuisine française. On disait d’ailleurs que l’omelette portugaise avait place à la table d’Henri de Bourbon.

Toutes ces richesses, auxquelles on peut ajouter le vin de Madère, l’huile d’olive, le sel, la confiture, puis également les perles, les pierres précieuses, l’or, le textile, la soie… font la renommée des marchands portugais de la foire Saint-Germain à un point tel que le poète Paul Scarron, dans Odes et Stances,  écrira les vers suivants dédiés à Son Altesse Royale :

Tout ce qui reluit n’est pas or,
En ce pays de piperie:
Mais ici la foule est encore
Sans respect de la pierrerie.
Menez-moi chez les Portugais,
Nous y verrons à peu de frais
Des marchandises de la Chine;
Nous y verrons de l’ambre-gris,
De beaux ouvrages de vernis,
Et de la porcelaine fine
De cette région divine,
De ce terrestre paradis.

Nos achèterons des bijoux,
Nous boirons de l’aigre de cèdre.
Mais comment diable ferons-nous
Pour trouver une rime en édre?
N’importa, ne radoubons rien,
Edre et cèdre riment fort bien.
N’en déplaise à la poésie,
La fabrication de tant de vers,
Sur tous ces objets si divers
Dont j’ai l’âme toute farcie,
M’a fatigué la fantaisie,
Et mis l’esprit presqu’à l’envers.

 

Beau Portugais de Portugal,
Qu’un verre net on me délivre;
Si l’aigre de cèdre est royal,
J’en achète plus d’une livre.
Couvre dont un peu vos esté,
Un peu moins de civilité,
Et bon marche de marmelade:
Sachez, homme au petit rabat,
Que je suis plus friand qu’un chat,
A cause que je suis malade:
Ne montrez donc rien qui soit fade,
Ou qui ne soit pas délicat.

 


Publié dans Mes mercredis au Portugal | 3 commentaires