
Depuis mes soixante ans dois-je donc en déduire
Que c’est l’arrêt d’action qui me pousse à écrire ?
Comme je ne veux pas me prélasser au plume
J’ai donc saisi la mienne mais est-ce que j’assume ?
Au terme de ma vie les termes se bousculent
Et trop souvent ma foi l’écrit est ridicule
La ride y cule trop les mots ont trop vieillis
Avec l’âge il est vrai rares sont les saillies !
Le poème en est laid même en octosyllabes
L’alexandrin aussi qui marche trop en crabe
L’envoi ne touche plus l’ode n’est plus de vie
Un quatrain cache l’autre et déraille à l’envi !
La ballade épuisée s’achève en catastrophe
Comme elle est trop sonnée devient folle la strophe
L’élégie boîte aussi et se plaint de ses pieds
La rime sans raison en est toute estropiée !
« Vire-les tes écrits » dit la muse aux aguets
Les bras m’en tombent tant qu’alors je rends versets
Revient l’arrêt d’action avec tant d’insistance
Que je continuerai peut-être avec dix stances !