
Langage du regard qu’on ne maîtrise pas
Qui ne demande rien et fait le premier pas
Et qui tout doucement sans qu’on y prenne garde
Impose les beaux yeux sur lesquels il s’attarde.
Je l’attrape aussitôt, furieux je le détourne
Je ne veux surtout pas que trop il y séjourne
Lâchement je m’enfuis et je rentre chez moi
Oubliant cet éclair qui fait naître l’émoi.
Deux ou trois jours plus tard, le hasard qui s’acharne.
Je ne peux même pas bouger ma vieille carne !
Le croisement a lieu mais j’ai mis ma ceinture
Je laisse le regard partir à l’aventure.
Ce dialogue muet doit être interrompu.
Il faut cesser ce jeu auquel je suis rompu.
Dans le coeur en dedans c’est le tohu-bohu
Et j’ai beaucoup de mal à retrouver ma rue.
Entre coeur et raison s’installe la bagarre.
Ils s’arrangent entre eux , j’engueule le regard.
Puis j’ai enfin l’idée et d’un geste anodin
Je sors le vieil album… Ils se calment soudain.