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Qui a volé les mots ?
Michèle Bernard
1997

Au voleur, au voleur, au voleur !
Qui a volé les mots, qui a volé les mots ?
Encore ces Français quel culot, voler les mots !
Regarde ils en ont plein la bouche, plein les poches
De tous ces mots piqués partout,
Tu crois pas qu’c’est moche ?
Voler des mots sans en avoir l’air
Et les coller en douce dans son dictionnaire
Voler les mots sur toute la planète
Ah vraiment ces Français sont pas nets
De vrais pickpockets !

Voler aux Grecs, aux Latins, aux Gaulois
Ça va de soi, ça va de soi
Voler aux Anglais, aux Allemands, aux Italiens
C’est normal entre voisins
Oui mais voilà ça va bien plus loin
Ils ont même volé les polynésiens
Piqué paréo et tabou aux Tuamotu
Chez les Chinois le mot typhon soufflé pour de bon
Banane et macaque en Afrique, tu parles d’un trafic
Le raphia chipé aux Malgaches à coup de cravache
Même aux Arabes, c’est le bouquet, t’imagines pas c’qu’ils ont piqué !
Le barda, le safari, le café, le nénuphar
La guitoune et le satin, la valise et le hasard
Le magasin, le cramoisi, le charabia et l’alchimie
Le sirop, le sofa, le souk et la nouba

Au voleur, au voleur, au voleur !
Qui a volé les mots, qui a volé les mots ?
Encore ces Français quel culot, voler les mots !
Regarde ils en ont plein la bouche, plein les poches
De tous ces mots piqués partout,
Tu crois pas qu’c’est moche ?
Voler des mots sans en avoir l’air
Et les coller en douce dans son dictionnaire
Voler les mots sur toute la planète
Ah vraiment ces Français sont pas nets
De vrais pickpockets !

Voler aux Grecs, aux Latins, aux Gaulois
Ça va de soi, ça va de soi
Voler aux Anglais, aux Allemands, aux Italiens
C’est normal entre voisins
Oui mais voilà ça va bien plus loin
Ils ont même volé les Amérindiens
La tomate et la cacahuète au nez des Aztèques
Le toboggan, le mocassin chez les Algonquins
Volé aussi les Bengalis, plus de pyjama
Et puis leur joli paradis nommé Nirvana
Et même aux Turcs, c’est le bouquet,
Tu d’vineras pas c’qu’ils ont piqué !
La turquoise et le turban, le cosaque et le derviche
La bergamote et le divan, le caviar pour les riches
Le talisman, le cimeterre, la percale et le janissaire
Le pacha, le lascar, sarabande et bazar

Au voleur, au voleur, au voleur !
Qui a volé les mots, qui a volé les mots ?
Encore ces Français quel culot, voler les mots !
Regarde ils en ont plein la bouche, plein les poches
De tous ces mots piqués partout,
Tu crois pas qu’c’est moche ?
Voler des mots sans en avoir l’air
Et les coller en douce dans son dictionnaire
Voler les mots sur toute la planète
Ah vraiment ces Français sont pas nets
De vrais pickpockets !
Ah vraiment ces Français sont pas nets
De vrais pickpockets !

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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