Sintra… des écrivains et des rêves

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Sintra, est un lieu enchanteur et énigmatique. Cette ville mérite à elle seule qu’on lui dédie une vie. C’est une ville qui parle. Où il fait bon se promener, se perdre. Rêver. Aimer.

Sintra est un enchantement. Certes, il y a la richesse de la nature, puis celle des monuments, et puis aussi celles des êtres qui l’ont fréquentée et qui ont chanté les matins de brume remplis de mystère et de murmures que seul le silence comprend.

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Le magnifique auteur de La Petite Fille aux Allumettes, Hans Christian Andersen, qui a habité à Sintra pendant son séjour au Portugal, disait que les forêts de Sintra étaient comme celles de son cher et lointain Danemark.

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Il semblerait que c’est d’ailleurs là qu’il a écrit, en 1861, le conte The Portuguese Duck.

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L’écrivain Thomas Beckford y a vécu quelques années. Il aurait d’ailleurs écrit un savoureux journal intime ainsi que ses souvenirs d’Alcobaça et Batalha, deux malicieux récits de la vie mondaine à Lisbonne et ses environs. Il semblerait qu’il ait sous-loué la résidence d’un riche Anglais, Gerard Devisme, en 1794. Plus tard, en 1856, Sir Thomas Cook a acheté le domaine et fait construire dans le plus pur style romantique, avec des pincées des styles gothique, arabe et indien, le somptueux Palais de Montserrat.

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Lord Byron, celui qui a appelé Sintra le « glorieux Eden » a logé dans le plus ancien hôtel de la péninsule ibérique, le Lawrence’s Hotel, qui date de 1764. Au lieu d’avoir des nombres, les chambres portent des noms qui ont une histoire. Dans son livre de satires English Bards and Scotch Reviewers, écrit en 1809 en réponse aux critiques qui ont descendu son premier livre de poésies Hours of Idleness, en 1807, Lord Byron fait un éloge à Luis Vaz de Camões qu’il considérait comme étant un vrai et pur barde.

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La ville a gardé des vestiges de son passage, comme les escaliers Lord Byron ou encore le coin de Lord Byron.

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Extraits de

Child Harold’s Pilgrimage
Canto the First (1812)

XIV
On, on the vessel flies, the land is gone,
And winds are rude in Biscay’s sleepless bay.
Four days are sped, but with the fifth, anon,
New shores descried make every bosom gay;
And Cintra’s mountain greets them on their way.
And Tagus dashing onward to the deep,
His fabled golden tribute bent to pay;
And soon on board the Lusian pilots leap,
And steer ‘twixt fertile shores where yet few rustics reap.

XVIII
Poor, paltry slaves! yet born ‘midst noblest scenes —
Why, Nature, waste thy wonders on such men?
Lo! Cintra’s glorious Eden intervenes
In variegated maze of mount and glen.
Ah, me! what hand can pencil guide, or pen,
To follow half on which the eye dilates
Through views more dazzling unto mortal ken
Than those whereof such things the bard relates,
Who to the awe-struck world unlock’d Elysium’s gates

XVIII
Poor, paltry slaves! yet born ‘midst noblest scenes —
Why, Nature, waste thy wonders on such men?
Lo! Cintra’s glorious Eden intervenes
In variegated maze of mount and glen.
Ah, me! what hand can pencil guide, or pen,
To follow half on which the eye dilates
Through views more dazzling unto mortal ken
Than those whereof such things the bard relates,
Who to the awe-struck world unlock’d Elysium’s gates?

 

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L’écrivaine anglaise Catherine Jackson, de passage à Sintra, écrira en 1874, dans une chambre du Lawrence’s Hotel le livre « Fair Lusitania ».

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Pour l’auteur de la vie de Nelson et de Madoc, Robert Southey (1774-1843), poète romantique anglais, Sintra est un lieu magique, l’endroit le plus béni du monde habitable.

Southey a traduit des ouvrages de l’espagnol et du portugais, et est l’auteur de Boucles d’or et les trois ours, que la plupart des gens de la planète attribuent (à tort) aux frères Grimm. Il est désigné comme le poète officiel du monarque en 1813 après le refus de Sir Walter Scott.

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L’encre des écrivains portugais aussi se mélange aux silences matinaux de Sintra.

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Eça de Queiroz, celui qu’on présente volontiers comme le Flaubert ou le Balzac portugais, avait pris l’habitude de s’installer au Lawrence’s Hotel pour écrire. Il semblerait d’ailleurs que c’est dans une chambre du Lawrence’s qu’il aurait écrit en 1870 Le Mystère de la route de Sintra.

Dans son roman O primo Basílio (Le cousin Basílio), Eça parle de Sintra comme étant « une heureuse mélancolie ».

Le Lawrence’s Hotel se souvient encore des grands écrivains portugais, comme celui qui est, sans conteste, considéré comme l’écrivain portugais du XIXième siècle, l’auteur d’A queda de un anjo (La chute d’un ange), en 1866, Onde está a felicidade? (Où est le bonheur), en 1856 ou encore Amor de Perdição (Amours de perdition), en 1862. Bien évidemment que je parle du ‘père de l’histoire du Portugal’, Alexandre Herculano. Puis, Camilo Castelo Branco, l’auteur des Mystères de Lisbonne (Mistérios de Lisboa), en 1854 ou encore de l’excelentissime La chute d’un Ange (A queda de um anjo), en 1866 et le poète Bulhão Pato, auteur d’A Mãe e o Filho Morto (La mère et l’enfant mort), dont j’ose vous traduire les premiers vers

A pobre da mãe cuidava / La pauvre mère croyait
Que o filhinho inda vivia, / Que son fils vivait encore
E nos braços o apertavas / Et dans ses bras elle le serrait
O coração que batia / Et le coeur qui battait encore
Era o dela, e não do filho, / Etait le sien et plus celui de son fils
Que já do sono da morte / Qui dans le sommeil de la mort
Havia instantes dormia. / Depuis un moment dormait

….

Ou encore bien évidemment le co-auteur du Mystère de la route de Sintra, Ramalho Ortigão. Également complice d’Eça dans la Chronique Mensuelle de la politique, des lettres et des usages, As Farpas.

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Voilà les amis, on s’éterniserait à écrire encore, juste pour vous offrir un autre regard sur Sintra. Loin des cartes postales. Un regard fait de toutes ces larmes et encres de talent mélangées qui font que certains lieu portent en eux une mélancolie heureuse dans laquelle on voudrait plonger pour longtemps.

À propos de dubleudansmesnuages

Je laisserai vagabonder mon esprit nomade, sur le fil d'or de mes silences, pour vous parler des ces choses qui me maintiennent en équilibre. Je vous parlerai aussi des musiques que j'aime. Elles se promènent du Fado d'Amália, de Dulce Pontes, de Cristina Branco, de Mariza, jusqu'aux voix frissonantes de Diana Krall, de Stacey Kent, de Chiara Civello, de Karrin Allyson, de Stina Nordenstam, de Robin McKelle, de Sophie Milman, d'Emilie-Claire Barlow, et d'encore plein d'autres … Aznavour, Brel, Duteil, Art Mengo, Berliner, Cabrel, Balavoine, Julien Clerc, Fugain, Le Forestier, Goldman, Lama, Rapsat, Vassiliu, Daniel Seff, Peyrac et tous ceux que m’on fait aimer la chanson française. Je me perdrai certains soirs dans le paradis de la musique brésilienne : Eliane Elias, Astrud Gilbert, Gal Costa, Elis Regina, Bia, Bebel Gilberto, Maria Creuza, Nara Leão, Jobim, Vinicius, Buarque, Toquinho, Djavan … Il y aura des moments où je vous parlerai d'une des chansons de ceux que j'affectionne. Donovan, Leonard Cohen, The Doors, Tracy Chapman, The Scorpions, Dylan, Lennon ou McCartney (avec ou sans les Beatles), ou de voix d'or comme Sarah Brightman, Ana Torroja, ou Teresa Salgueiro. Puis, parfois, je me promènerai sans but précis entre Piazzolla et Lluis Llach, de Mayte Martin à Gigliolla Cinquetti ou Paolo Conte, de Chavella Vargas à Souad Massi en passant par Gabriel Yacoub. Parce que la musique n’a aucune frontière. La musique ne connait que des sensibilités. Des sonorités. Des larmes ou des sourires. Je vous déposerai ici l'une ou l'autre de mes photos. Les moins ratées. Je vous laisserai un peu de poésie. Des poètes portugais. Que j'aime. Infiniment. Et puis tous les autres dont les textes me touchent. Je ne vous parlerai que des gens que j’aime. Et puis un peu de moi. Si peu. Et puis, si j'ai le temps. Seulement si j'ai le temps, je vous parlerai d'autres choses. Plus intimes.
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6 réponses à Sintra… des écrivains et des rêves

  1. Lali dit :

    Je pense que cet endroit-là est fait pour moi… Vraiment!

  2. BRAZEX dit :

    A Sintra on ne fait pas du tourisme on respire et on se sent envahi par une sensation de bien être inexplicable. Magnifique lieu.

  3. Lilas dit :

    Un lieu ou j’aimerai bien séjourner quelques jours,et ressentir ce grand et noble passé poètique.Des lieux magiques …
    Merci pour ce grand reportage si détaillé,un plaisir d’apprendre toutes ces choses,hors des sentiers battus.

  4. isa dit :

    Sintra c’est l’endroit le plus romantique au monde le vrais EDEN, tout à Sintra respire amour et passion. Le mariage entre la « Serra » et la mer c’est magnifique.

    Merci encore une foi Mandocas de faire Découvrir des merveilles

  5. Denise dit :

    Une ville où il fait bon vivre et tant de beauté à visiter. Un lieu où poètes et écrivains se sont cotoyés. Enfin, un site merveilleux et magique.

    Merci Armando pour ton délicieux documentaire qui donne vraiment envie de découvrir Sintra.

    Merci aussi pour toutes ces heures de travail.

    Amitié

  6. Flairjoy dit :

    Il semble que ce lieu appelle à l’écriture et il est si bien documenté sur les auteurs qui y ont séjourné que je n’ai qu’une envie: y aller un jour, peut-être dans une autre vie! Mais leur âme hantera-t-elle encore Sintra?

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