En guise d’explication

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Après-demain, le 3 juillet, l’institution où j’ai grandi et où j’ai fait par conséquent mes études, fêtera ses 228 années d’existence. Plus de deux cents ans d’une grande institution qui a été pionnière dans bien des domaines éducatifs et que j’ai l’impression que la plupart des gens ne connaissent pas.

Récemment pointée du doigt suite à un scandale de pédophilie, l’institution traverse des moments amères. La folie journalistique a raison de toutes les réputations. L’ignorance populaire construit le reste.

Comment réduire l’histoire et la réputation d’une institution de plus de 200 ans à un malheureux scandale de pédophilie?

Incompréhensible et inacceptable.

Le malheur de la pédophilie n’est pas né des institutions mais des hommes. Ce ne sont pas les enfants ni les institutions qui doivent être pointés du doigt, mais toute la société qui doit se sentir concernée, puisqu’elle ne semble plus capable de protéger ses propres enfants ni de leur permettre d’être ce qu’ils ne doivent jamais cesser d’être : des enfants.

La Casa Pia de Lisbonne est née dans les années difficiles qui ont suivi le tremblement de terre de 1755. Elle a connu des périodes fastes et d’autres plus difficiles. Un peu, selon l’image de son pays.

Il y a des milliers de «casapianos» partout dans le monde. Pour qui l’institution est l’unique enfance, la seule mère, leurs racines, le sentiment de gratitude.

C’est à tous ceux-là que je pense. Ceux qui quelque part sont mes frères et sœurs. Ceux  qui connaissent et comprennent le langage et les valeurs de mon enfance.

Ceux qui comme moi, sont fiers de savoir qu’on doit au fondateur de la Casa Pia, le premier système d’éclairage des rues de Lisbonne. Et que sont également fiers d’une institution qui a été la première à enseigner la langue allemande au Portugal et, surtout, qui a créé la première école de filles au Portugal, parce que les filles aussi devraient savoir lire e écrire.

L’histoire nous offre toujours plusieurs regards sur les institutions et sur les choses. Moi, j’ai envie de vous faire connaître une des plus magnifiques institutions du Portugal. La Casa Pia de Lisbonne, ou «l’Université de la plèbe», comme l’a appelée le journaliste et homme politique Latino Coelho

Le texte qui sera publié, en portugais et en français, en quatre parties (mercredi 2 – Les idées qui ont présidé à la fondation de la Casa Pia; jeudi 3 – La période du Château de Saint Jorge; vendredi 4 – La période du Couvent de Desterro; samedi 5 – Des Jerónimos à l’État Nouveau) est sorti de la plume do ganso [nom sous lequel sont affectuesement connus les enfants élévés à la Casa Pia] Adérito Tavares, professeur à l’Université catholique portugaise (Lisbonne), à qui je voudrais, avant tout, remercier profondément pour son accueil chaleureux et pour sa confiance.

Donc, cette semaine, le bleu s’habillera des couleurs d’une Institution qui se confond avec une période de l’histoire de la vie portugaise.

J’espère que cela plaira à tous. 

 

 

11 Responses to “En guise d’explication”

  1. saab dit :

    Ton témoignage me touche… cette affaire ne doit pas en effet faire de l’ombre à tous les bienfaits que cette institution a apporté mais bien entendu une pensée pour les victimes…

  2. Reine dit :

    vrai !

  3. BRAZEX dit :

    L’église catholique qui a 2000 ans a eu aussi dernièrement des scandales du même genre et ce n’est pas, à cause de certaines personnes, qu’on va mettre en question tout le travail effectué avant.

  4. Reine dit :

    Triste. Mais raison de plus pour que ceux qui ont oeuvré pour le bonheur des enfants soient des phares pour l’avenir. Que les autres soient oubliés.

  5. Reine

    Ton message me touche profondément et puis, tu t’en doutes bien, il n’est pas question de ne pas le valider dans son intégralité.

    Même si j’ai quitté l’institution avant l’éclatement de cette affaire, je souffre pas moins de lire tout ce que je lis ou j’ai lu au long de ces années, concernant «les vérités et les fantasmes» d’une affaire où, à mon avis, on aurait du tout faire pour épargner les enfants. Je parle d’éducateurs, du personnel de l’institution, etc. Il me paraît peu probable que personne ne s’était jamais rendu compte de rien, quand on entend l’ampleur de l’affaire, comme il me paraît peu probable que tous les pédophiles portugais soient de gauche. Certains noms cités par wikipédia ont déjà été mis hors de cause.

    Je ne saurais pas te dire ce qui est ou non fondé dans toute cette histoire. Sans doute qu’il y a un fondement puisque le «maître horloger» qui s’est battu pendant des années pour que cette affaire soit jugée est, comme moi, un ex-élève de l’institution, que j’ai bien connu et qui est d’une intégralité morale sans faille.

    Ma volonté est celle de raconter l’histoire d’une institution de plus de 200 ans qui a été exemplaire dans l’enseignement et qui a offert au pays et au monde des hommes de bien. Intègres.

    La Casa Pia de Lisbonne ce sont des milliers d’hommes, partout dans le monde. Ce sont les racines de cette magnifique institution que je souhaite faire connaître. Autrement.

  6. Reine dit :

    Je suis aussi intéressée. Les dérapages dans ce domaine et dans ces lieux sont insupportables, il faut penser aux victimes… et après tout il est bon que le grand public réagisse ainsi, même si comme souvent… tout le monde est mis dans le même panier !
    Mais c’est à vous, les anciens, de rétablir comme tu le fais la réalité des choses. Seuls les enfants qui y ont vécu peuvent en parler et rendre hommage à tous ceux qui leur ont consacré du temps, de l’affection et peut-être même leur vie. Ne serait-ce que pour ceux-là, ce que tu dis est important et fera oublier les brebis galeuses ( qui sont dans le sillage de la justice, je suppose) et taire les ignorants. Que ceux qui ont des choses à dire sur, semble-t-il, une maison qui a offert sans doute plus qu’un toit aux enfants, parlent !
    Pour l’instant j’ai révisé mes classiques ! Et cela m’a rappelé de bons souvenirs de cours : beaucoup de questions fusent entraînant toujours des discussions passionnantes.

    Ne publie pas la suite si tu n’en as pas envie, je comprendrai très bien :
    Je viens de regarder sur Internet…
    Je suis néanmoins troublée par ce que je lis sur ce lien : http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_de_la_Casa_Pia
    Je ne sais pas où en est le procès ( ?) J’ai lu par ailleurs sur Internet que cet état de fait « durait depuis trente ans » ( ?)
    Je n’aborde peut-être pas le sujet par le bon côté !
    Car si j’ai bien compris tu veux parler de tout ce qui a été positif avant et qui est l’essentiel pour ceux qui en ont bénéficié.
    Mais si on peut accorder crédit à ce qui est rapporté, il faudrait préciser alors que ce que tu dis concerne l’institution avant 1978.

    Ma fibre professionnelle se pose des questions et je ne peux m’empêcher de penser aux enfants victimes, toi aussi, j’imagine. Qu’en penses-tu ?
    Mais je me tais et écoute la suite !

  7. Denise dit :

    J’ai lu ton billet très intéressant sur la Casa Pia de Lisbonne et je me réjouis vivement de la suite.

    Bonne journée.

  8. Lali dit :

    Comme Denis et Marcel, je me réjouis d’avance!!

  9. Merci Denis et Marcel
    Je pense que ce travail (en portugais et français) sera d’un grand intérêt et plein de surprises. Vous aprendrez des choses que même les Portugais ne soupçonnent pas. En quelque sorte, je vous proprose exceptionnellement, un « mes mercredis au Portugal », allongé.

    Puis Marcel, je suis convaincu que tu iras prendre connaissance d’une chose dans le domaine sportif qui va beaucoup t’étonner et te plaire. Je ne te dis que cela.

    Amitiés.

  10. marcel dit :

    En effet, comme il est souligné dans le commentaire, la renommée d’une institution (à fortiori caritative) n’a pas à souffrir de la légèreté ou de la lâcheté d’une poignée d’individus.
    Ayant bénéficié des bienfaits d’une institution presque semblable, quelques années après la guerre, je peux témoigner que l’on n’y côtoie que gentillesse et dévouement.
    C’est avec intérêt que j’attends la suite du reportage.

  11. Denis dit :

    Il me tarde de lire toute l’information sur cette impressionnante institution.