Sur une toile de Sophie von Hellerman

Ce texte a été écrit par Armando Ribeiro, et a été publié, une première fois, dans le jardin de Lali, dans “En vos mots”, le 21  février 2009, où vous pouvez trouver d’autres textes qui vous donneront chacun leur regard sur des toiles.

Mais à quoi peut bien rêver la lectrice peinte par Sophie von Hellerman? D’être une star? À moins qu’elle ne le soit déjà? À vous de nous dire en vos mots ce que peut bien évoquer la toile de ce dimanche. En vos mots. Comme chaque semaine, depuis presque deux ans. Une aventure qui existe parce que vous êtes là, fidèles, participants ou lecteurs, ou les deux. Une aventure qui dure et perdure, parce qu’elle nous alimente tous.

Donc, à quoi peut bien rêver cette lectrice? Nous le saurons dimanche prochain, puisque comme c’est l’habitude, je ne validerai aucun commentaire avant, afin que chacun de ceux qui voudront se prêter au jeu puissent le faire libre d’esprit, sans savoir ce qu’elle aura inspiré aux autres.

Bon dimanche et bonne semaine à tous!

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Pour effacer ses heures d’infortune
Je lui aurais offert des croissants de lune
Des arcs-en-ciel en pleine nuit
Mais cela ne lui aurait pas suffi

Pour oublier tant de mots creux
Je lui aurais dit des mots nouveaux
J’aurais changé mes mots en or
Elle m’aurait dit j’en veux encore

Mais elle a tant de larmes à oublier
Tant d’anciens rêves à caresser
Que je ne pourrais jamais être celui
Prince charmant, nouvelle vie

Je lui offrirais pour lui plaire
Des reflets d’étoiles dans la mer
Des chants de silence jusqu’au matin
Mais ce ne serait pas assez bien

Avec du rose et du bleu satin
Un nouveau ciel chaque matin
Et puis des oiseaux ailes au vent
Mais cela serait insuffisant

Ses rêves n’ont pas de cesse
J’ai les mains creuses de richesses
Pas de quoi écrire de longs discours
Je ne pourrai pas lui offrir le grand amour

Des poussières d’or dans ses cheveux
De la tendresse assez pour deux
Et dans mes rêves je l’entends déjà
C’est tout ce que tu as pour moi ?

Pour qu’elle puisse se sentir bien
Je lui dessinerais un petit jardin
Avec des crayons aux mille couleurs
Mais il manquerait sûrement des fleurs

Moi il me suffit d’une fin du jour
Où le rose et le noir se font la cour
De rêver en écoutant  la mer
Que demain le monde est à refaire

6 commentaires pour “Sur une toile de Sophie von Hellerman”

  1. Lilas dit :

    La vedette du jour..c’est la pince bleue..!!
    Pas même un petit mot sur son beau poème…..quel dommage !!
    moi j’aime beaucoup,
    Tant pis pour la pince..
    bisous

  2. Denise dit :

    Quel plaisir de relire tes mots…

    “Je lui offrirais pour lui plaire
    Des reflets d’étoiles dans la mer”

    Que c’est beau !

    Bonne soirée Armando.

  3. claudie dit :

    J’ai aimé la tendresse, l’idéalisme et la nostalgie qui se dégagent de ce poème et, en particulier, ces vers, au final..

    “Moi il me suffit d’une fin du jour
    Où le rose et le noir se font la cour
    De rêver en écoutant la mer
    Que demain le monde est à refaire”

    Une belle inspiration!

    Belle journée Armando!

  4. Fifi dit :

    Le plus heureux des deux est celui de la dernière strophe !
    Bravo Armando !

  5. claire dit :

    Sa vie est ailleurs(*).

    Elle vit sans cesse dans le regret de “ce qui n’est pas”, ne tirant nul parti de ce qui est. C’est une vie parallèle, par la pensée, son esprit constamment morcelé entre le réel et sa vie souhaitée, sa partition des regrets, qu’elle n’atteint jamais, qu’elle ne rejoint qu’en rêve, à la faveur de ses longues nuits et de ses généreuses siestes et somnolences.

    Ses souvenirs sont fiables et précis, elle se rappelle les noms que j’oublie. Elle s’entraine, repassant ses souvenirs lors de ses rêveries, elle en entretient la trace mnésique comme on le fait lorsqu’on récite une prière, ou une poésie, chaque jour, machinalement. “Tel Noël, telle année, il y avait untel, il s’est passé telle chose: c’était bien!”

    Dans un soupir de nostalgie elle pose son livre, les yeux éteints, elle s’enfuit. Le présent jamais n’a prise sur elle. Le présent n’est qu’instant qui la fuit.

    Elle s’ennuie.

    Si elle n’espère en demain, si elle ne regrette hier, et lorsqu’elle ne déplore pas de n’être pas ailleurs en cet instant, elle s’ennuie, jamais bien, là, au présent dans sa vie.

    Étonnant dans ces conditions que l’ennui d’hier puisse se parer, lorsqu’elle l’évoque aujourd’hui des guirlandes de la mélancolie, et que jamais l’ailleurs, une fois au présent advenu, ne soit à la hauteur.

    Étonnant.

    J’en laisserais tomber ma page, si je n’étais pas qu’une image en contemplation d’elle même.

    Claire, 24 octobre 2009
    sur une toile de Sophie von Hellerman

    (* la vie est ailleurs: Kundera)

  6. Hespérie dit :

    Armando, il est vraiment beau ce poème … très beau !
    Incapable d’en dire plus ce soir, pourtant d’habitude je parle trop … :(

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