Archive pour 4 février 2010

Sur une toile de Louis Émile Adan

Jeudi 4 février 2010

Ce texte a été écrit par Armando Ribeiro, et a été publié, une première fois, dans le jardin de Lali, dans “En vos mots”, le 14 mai 2009, où vous pouvez trouver d’autres textes qui vous donneront chacun leur regard sur la toile proposée.

Mais qui sont tous ces personnages réunis autour de l’aïeule, peints par l’artiste Louis Émile Adan? Et que leur lit-elle ainsi à haute voix?

La toile de ce dimanche est désormais à vous. À ce que vous inventerez à partir des images qu’elle suscite en vous. À cette histoire qui naîtra peut-être de vos souvenirs.

Peu importe la tangente que vous prendrez, la toile est là jusqu’à dimanche prochain pour recevoir ce que vous aurez envie de raconter en vos mots. Tout simplement.

adan-louis-emile.jpg

Si je savais parler aux femmes
Je ne leur parlerais pas d’amour
Je tairais toutes ces flammes
Qui vous brûlent pour toujours

Je ne leur parlerais de rien
Je les écouterais parler
Elles le font tellement bien
Quand on sait les écouter

Elles ont tant de choses à dire
Puis tant de mots pour pleurer
Et c’est parfois d’un sourire
Qu’un secret vit bien caché

Je leur offrirais des fleurs
Pour leur parler un peu de moi
Les mots n’ont pas de couleur
Ils sont des enfants de mauvais aloi

Je leur donnerais des ailes
Pour voir le monde d’en haut
Je leur dirais qu’elles sont belles
Et que leur regard est beau

Si je savais parler aux femmes
Je leur dirais les mots d’un homme
Des mots simples, pleins d’amalgames
Rien de plus que ce que nous sommes

 

Sur une toile de Louis Émile Adan
Lautreje

Mes chers enfants,
Nous voici enfin arrivés à Bruxelles, le voyage a été plus long que prévu, car nous avons dû changer une nouvelle fois d’attelage à Troyes. Nous avons eu huit jours et huit nuits de pluies et de bourrasques incessantes. Je craignais pour les cartons, heureusement que nous les avions bien protégées. Votre père, à peine arrivé, s’est inquiété de notre rendez-vous avec le Maître-tapissier Chaudoir. Nous le voyons comme prévu le 12 dans son atelier de Schaerbeek. Quand grand-mère vous lira cette lettre, nous aurons déjà présenté nos cartons et nos illustrations. Nous y avons tellement travaillé : deux saisons pleines, deux saisons de dur travail pour honorer cette commande. Mathilde, ma grande, tu nous a bien aidé pour dessiner les feuillages de la scène du jardin et toi ma Laure, tes remarques ont été judicieuses pour le choix des couleurs. Vous me manquez, mais nous serons ensuite bientôt de retour, je pense bien à vous. Paul, tu es le garçon de la famille, sois sage avec tes sœurs. Et ma petite Suzon, tu auras bien changé lorsque je te serrerai dans mes bras à nouveau. Mes chers enfants, comme nous sommes fiers de vous, votre père et moi. Ce soir avec votre grand-mère, faites une prière pour nous ! Que notre travail convienne au Maître et surtout qu’il nous commande d’autres cartons. Avec vous pour nous aider, nous travaillerons plus vite. Je vous quitte mes chers enfants, je vous embrasse de tout mon cœur et toi aussi ma chère mère. Nous serons bientôt de retour.
Maman qui vous aime.

 

Paisible

Jeudi 4 février 2010

… et je vous invite à voir
lLa photo du jour de
nuages de photos