Archive pour la catégorie ‘MOTS - POURSUITE DE MOTS’

Voir les choses en noir

Vendredi 22 août 2008

Certains jours on voit les choses en noir
C’est mon cas aujourd’hui (de là mon silence alors que je suis rentrée depuis hier soir)
Et je me pose la question: qu’est-ce qui fait que aujourd’hui j’ai choisi plus ou moins consciemment de laisser le négatif (et donc les angoisses, les idées noires) envahir une grande partie de mon terrain?
(on pourrait dire que je n’ai pas choisi, que cela s’est fait malgré moi, qu’il y a des événements extérieurs et intérieurs en moi qui me donnent raison d’être dans le marasme…mais je n’en suis pas si sûre, je crois que je me laisse pour le moment couler dans le négatif…peut-être en ai-je besoin)
Je sais pourtant avec ma tête, mais aussi avec mon coeur que, dans chaque moment ou événement de la vie, il y a autre chose, une autre dimension…et qu’il est important de pouvoir refaire une deuxième lecture, puisqu’à la première, le négatif occupe le devant de la scène…
Mais cela demande du courage que ce soir je n’ai pas
Demain peut-être…


PS. Ceci est un billet complètement i-nu-ti-le

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… peut-être que je me lèverai encore avec un reste de ce cafard idiot qui m’étrangle et m’empêche de respirer comme je le voudrais.

Demain. Toujours demain. Comme une bouée à la mer. Une fuite vers l’avant. Demain…
Pourquoi m’empêcher d’être heureux aujourd’hui encore. Un peu. Une heure. Peut-être plus. Grignoter dans cette pensée négative quelque peu de ciel bleu. Un souvenir ancien. Même fugace. Changer de pensée comme qui change de chemin, et décide de s’attarder devant une vitrine remplie des livres dont les titres évoquent les rêves, le suspense et parfois le meurtre.

Tiens, le meurtre… Pourquoi pas?… Planifier méthodiquement un étranglement de nos propres mains. Sentir parcourir en nous un frisson enivrant et se dire que le meurtre peut être parfait. Sans témoins. Sans mobile. Sans remords de conscience.

Un meurtre comme ça. Au hasard. Imprévu. Juste pour notre plaisir. Juste pour éveiller «ce monstre» qui est au plus profond de nous et qui nous fait oublier, pour quelques instants ce que nous sommes et ce qui nous entoure. Quelques instants de délire. Oubliés les tabous, les convenances. Tout!!!

C’est ça. Imaginons un meurtre. Froid. Rapide. Impitoyable.

Et on se sent déjà mieux. L’esprit occupé par quelque chose d’immoral à l’égard de nos semblables, mais tellement jouissif à l’intérieur de nous, jouissif à un point tel que nous avons du mal à comprendre à quel moment nous avons commis le meurtre.

Ah, si, si… Un meurtre a été commis. Là. Il y a quelques instants.

Rappelez-vous…

La pensée négative… Cette malheureuse pensée négative…

 

P.-S. Cette histoire est honteusement i-nu-ti-le. Aussi.

Manger l’odeur

Mardi 27 mai 2008

Il y avait ce morceau de linge, égaré, solitaire, coincé entre le mur et la commode. En l’enlevant de sa cachette, il a révélé une odeur oubliée. Ton parfum. Toi. Et tout ce que ça implique.

Sur le coup, j’ai plongé le nez dedans. Ça m’a fait bizarre de te sentir tout près après tout ce temps. C’était presque aussi fort que les premiers papillons. Je me suis demandé comment tu allais. Si tu avais rencontré quelqu’un d’autre. Si tu l’aimais. Ce genre de curiosités qui ne sert à rien sauf torturer.

Et je me suis dis non. Je suis sortie de la chambre. J’ai tiré le morceau dans la laveuse. Et c’est l’eau savonneuse qui s’est chargée d’effacer la dernière trace de toi.

Lu dans :

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C’est étrange, alors que j’étais persuadé d’avoir éloigné toute odeur de ta présence, voilà qu’elle est là. Encore. Si forte.  Si présente. Lorsque que je ferme les yeux.

Comme une douce poursuite du temps où tout était plus simple. Je crois avoir souri malgré moi. J’ai presque eu envie de toucher à nouveau ta main et la porter à mes lèvres.  la caresser, lentement, sur mon visage. M’imprégner une dernière fois de ton parfum avant de m’éloigner encore.

Au fond, pourquoi faut-il chercher à effacer ce que nous avons vécu. Il ne faut jamais rien effacer. C’est ainsi. Les choses sont pour toujours inscrites quelque par dans nos souvenirs même quand ont les croit effacées à jamais.

Et elles se réveillent quand on s’attend le moins. Un jour ou l’autre. Parce les souvenirs sont vivants. Parce que les souvenirs sont les pages vécues de notre histoire. Parce que les souvenirs, eux aussi, sont habités par les rires, les larmes et les odeurs.

Et la laveuse n’y pourra rien.

[ Suite par Armando Ribeiro ]